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L’Élysée a vivement réagi vendredi à un article du Monde faisant état d’une très forte augmentation du budget de la présidence depuis dix ans. La "prétendue progression" des dépenses de la présidence de la République correspond "en réalité (...) à l’inscription dans le budget de l’Élysée de moyens qui jusqu’alors étaient pris en charge par des ministères et des entreprises publiques", souligne un communiqué de l’Élysée. L’inscription de ces dépenses, qui ont disparu des budgets des ministères concernés, dans les comptes de la présidence "a donc été budgétairement neutre", poursuit le texte. "Elle ne correspond à aucune progression de la dépense publique." De plus, insiste le communiqué, une fois achevée cette "réintégration", en 2003, "le budget de l’Élysée a été stable hors inflation. Cela a été le cas pour 2004. Cela le sera de nouveau pour 2005." Les crédits de la présidence ont été adoptés dans la nuit de jeudi à vendredi par les députés qui ont voté le titre II du budget de l’État relatif aux "pouvoirs publics". Le projet de loi de finances 2005 prévoit 31,9 millions d’euros pour l’administration présidentielle et les frais personnels de Jacques Chirac. Selon Le Monde daté de samedi, les dépenses du chef de l’État et de ses services s’élevaient à 3,3 millions d’euros dans la dernière année du deuxième septennat de François Mitterrand. Pour le quotidien, cela représente donc depuis 1994 une augmentation de 580% "qui ne semble pas justifiée par la réintégration des fonds spéciaux", supprimés par le gouvernement Jospin en 2001. Le quotidien fonde son article sur une "fastidieuse enquête" d’un député socialiste de l’Aisne, René Dosière, selon qui les "caractéristiques financières de la présidence de Jacques Chirac (sont) une explosion inédite des dépenses, une opacité persistante et un contrôle inexistant". Dans l’entourage du chef de l’État, on s’élève contre la "présentation scandaleuse" faite par le quotidien, dont l’article, ajoute-t-on, ne contient "absolument rien". "L’évolution du budget de l’Elysée entre 1994 et 2004 ne résulte pas d’une augmentation de ses moyens mais d’une réforme budgétaire et comptable conduite depuis 1995 dans un objectif de transparence et de sincérité", souligne le communiqué de la présidence. Cette évolution s’explique "par l’obligation de financer des charges qui n’existaient pas en 1994 (...), des moyens matériels qui étaient jusqu’alors mis gratuitement à la disposition de la présidence", ajoute le texte, citant notamment les dépenses d’affranchissement postal, de télécommunications ou encore le remboursement à la brigade des sapeurs-pompiers de Paris des pompiers détachés à l’Elysée. "Cet argument est contredit par l’existence persistante de crédit invisibles", affirme de son côté Le Monde, qui évoque une importante "partie immergée du budget présidentiel" et des "détails minimaux" sur la répartition des crédits voués au traitement du personnel, qui atteindraient 14,4 millions d’euros en 2005.
Reuters - Paris 19 - 11 - 2004 |