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MELUN, 16 nov 2004 (AFP - France3.fr)
Un couple de Français d’origine tunisienne à qui l’on reproche d’avoir exploité à leur domicile de Saint-Fargeau-Ponthierry (Seine-et-Marne) une femme sans papiers, membre éloigné de leur famille, comparaîtra mercredi après-midi devant le tribunal correctionnel de Melun. D’après le comité contre l’esclavage moderne, la femme, aujourd’hui âgée de 41 ans, est arrivée de Tunisie en 1988 pour y trouver du travail. Pendant deux ans, elle aurait fait office de bonne à tout faire chez un couple proche de sa famille, sans être payée. En 1990, l’une des soeurs de ces premiers "employeurs" se marie. Elle suit alors Naila Azzouzi et son époux Jamaleddine, technicien supérieur, à Saint-Fargeau-Ponthierry. Selon ses déclarations rapportées par le comité, son passeport lui est confisqué. Elle s’occupe quotidiennement des deux enfants et plus tard de Mme Azzouzi atteinte d’une grave maladie. Outre l’absence de salaire -à l’exception de 45 euros pour le ramadan-, elle explique avoir dormi sur un matelas à même le sol pendant toutes ces années. Pour tout repas, elle avait le droit, dit-elle, à un café noir le matin et un repas en fin de journée. En 2001, elle s’enfuit une première fois à Marseille où elle reste un an chez une amie de sa mère, a-t-elle expliqué à la police. Les Azzouzi la menaçant de porter plainte pour un présumé vol de chéquier, elle aurait décidé de retourner à Saint-Fargeau-Ponthierry. Fin 2003, aidé par un ami des Azzouzi, elle s’enfuit définitivement et porte plainte au commissariat de Montereau-Fault-Yonne. Dans ses poursuites, le parquet a retenu une période plus restreinte de 20O1 à 2003 en raison de la prescription légale. M. et Mme Azzouzi nient tout mauvais traitement. Selon leur avocat, Me Thierry Jové-Dejaiffe, ses clients accueillaient "un membre de la famille" en vertu de "traditions familiales". Il entend plaider la relaxe, a-t-il annoncé à l’AFP.
© 2004 AFP. |