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Au troisième jour de son procès devant les assises de Seine-et-Marne, Robert Mégel, accusé de viols et agressions sexuelles sur deux pensionnaires des Tournelles, l’institut pour ados difficiles qu’il dirigeait, a défendu pied à pied sa pédagogie du "merveilleux" et balayé les accusations. "On a violé ma vie privée pour l’utiliser contre moi", a plaidé l’accusé qui au premier jour des débats avait indiqué ne vouloir "ni cacher, ni proclamer" son homosexualité. A la barre l’ancien directeur est revenu sur la pratique des "fameux plateaux-repas" apportés à son appartement de fonction, au centre de l’accusation puisque que c’est en les servant que les deux plaignants disent avoir été abusés. "C’est un élément extrait d’un contexte. Nous voulions permettre aux enfants de gagner de l’argent en faisant des petits boulots et amener les plateaux en faisait partie", a expliqué l’accusé précisant que cette activité "jamais contestée" par l’équipe pédagogique selon lui, était rémunérée "10 francs par plateau". "Il s’agissait de développer leur capacité à être autonome, à rendre service (...)", précise M. Mégel. "Choisissiez-vous les jeunes qui vous les apportaient ?", interroge le président Yves Jacob. "Non", répond l’accusé. "Aviez-vous des chouchous ?", questionne le président. "J’ai pris part au projet éducatif. Je prenais beaucoup d’intérêt pour les jeunes, dont Jérôme (accusateur), qui avaient des difficultés familiales particulières", se défend l’accusé. "J’étais un professionnel et j’agissais en professionnel", martèle-t-il.
Françoise Dolto
L’accusé, noté jusqu’à "20/20" par sa hiérarchie, concède que cette façon de travailler le "mettait en danger" parce qu’elle était "hors-norme", selon lui. "Mais vous n’aviez pas entendu parler de toutes ces affaires mettant en cause des instituteurs (pédophiles) ?", demande l’avocat général, Loïc Pageot. "Je ne me suis jamais assimilé aux histoires auxquelles vous faites allusion", rétorque sans hésiter l’accusé. M. Mégel a fait référence à la psychanaliste Françoise Dolto qui, selon lui, a "théorisé" le projet "novateur" des Tournelles. "On n’a jamais abusé de Françoise Dolto", répond M. Mégel à ceux qui l’accusent d’avoir exploité à outrance cette référence. "Elle nous a déculpabilisés sur +le merveilleux+. Elle répétait à l’équipe +n’oubliez pas que le merveilleux, c’est la mère qui veille sur eux+ ", insiste M. Mégel. La cinquantaine de pensionnaires des Tournelles était logée dans un "hôtel" tout confort à proximité d’un château du XIXè entouré de tennis. Les jeunes, de 7 à 18 ans, partaient en vacances au Maroc ou en Tunisie. Il a réfuté les réserves de Catherine Dolto-Tolitch, la fille de la spécialiste des enfants, qui a toujours dit que sa mère avait "pris ses distances" avec les Tournelles quelques années avant sa mort. "Elle est venue jusqu’à sa mort", rectifie, offensif, l’accusé. Philippe Sauzay, ancien chef de cabinet de Giscard d’Estaing et administrateur aux Tournelles au moment des faits, avait qualifié Jérôme de "menteur", tout en précisant qu’il s’était fait une opinion sur ce jeune après son dépôt de plainte. L’autre victime est actuellement en prison, a-t-on appris de source judiciaire. Il pourrait être entendu. Jérôme le sera vendredi matin.
Agence France-Presse 25 - 11 - 2004 |