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Abdelkader Bouziane, ancien imam de Vénissieux, a été expulsé mardi de France vers Oran (Algérie), suite à la décision du Conseil d’Etat, lundi, de mettre fin à la suspension de l’arrêté de reconduite à la frontière pris à son encontre le 27 février 2004. Abdelkader Bouziane, âgé de 52 ans et de nationalité algérienne, avait été interpellé dans la matinée par la Police de l’air et des frontières, qui lui a notifié la décision du Conseil d’Etat. L’avion le transportant, affrété par la compagnie Aigle Azur, a décollé à destination d’Oran à 15H07. L’imam salafiste, soupçonné d’avoir entretenu des liens avec des organisations terroristes, n’a opposé aucune résistance à l’exécution de l’arrêté. Il avait fait savoir dès lundi soir, par l’intermédiaire de son avocat, Me Mahmoud Hebia, qu’il était disposé à se rendre à la police et avait préparé ses affaires. "Je lui ai expliqué que rien ne pouvait empêcher l’administration d’agir ainsi, mais il vit cela comme une intention délibérée de l’humilier", a indiqué son avocat. L’imam, qui se préparait à effectuer son pèlerinage annuel à la Mecque à l’époque du Ramadan - il devait partir le 8 octobre -, ne sait pas encore s’il s’y rendra ou s’il attendra en Algérie la décision sur le fond concernant cet arrêté d’expulsion, a encore précisé l’avocat. Le tribunal administratif devrait examiner ce recours sur le fond "dans les semaines qui viennent", mais l’imam "ne pourra pas assister à l’audience", a déploré Me Hebia. L’avocat a réaffirmé que les accusations "gravissimes" de liens avec des organisations terroristes, portées à l’encontre de son client dans des notes attribuées aux renseignements généraux, n’avaient "aucun fondement", en citant pour preuve le fait qu’aucune poursuite au pénal n’avait été intentée pour ce motif à l’encontre de l’imam. S’il y avait le moindre élément dans ce sens, "il y a longtemps qu’il serait passé devant le juge anti-terroriste, alors qu’il a seulement été mis en examen pour des faits beaucoup plus bénins que ceux-là", a estimé Me Hebia. M. Bouziane est poursuivi pour "complicité d’apologie de crime", après la parution, en avril 2004 dans un mensuel lyonnais, d’une interview dans laquelle il défendait le châtiment corporel de l’épouse infidèle. Il a depuis soutenu, par l’intermédiaire de son avocat, que ses propos n’avaient pas été correctement reproduits. Lui-même a intenté des poursuites contre le magazine qui a publié l’interview, jugeant diffamatoires des propos tenus à son égard dans un éditorial de la parution suivante, en mai. Le tribunal correctionnel de Lyon doit examiner cette affaire le 2 novembre. "Il est expulsable. Sur le plan formel, il n’y a aucune difficulté. Mais sur le plan pratique, il va être empêché de répondre aux convocations du juge d’instruction dans l’enquête pénale, et donc de se défendre", a ainsi relevé Me Hebia. "Il est très déçu, mais j’ai bon espoir et si la décision sur le fond est en notre faveur, il pourra revenir", a conclu le conseil de l’imam. Abdelkader Bouziane, polygame et père de 16 enfants français, dont dix mineurs, avait été expulsé une première fois le 21 avril vers Algérie, mais il avait pu rentrer le 22 mai, la cour administrative d’appel ayant suspendu l’arrêté d’expulsion.
Agence France-Presse Lyon - 05 octobre 2004
L’imam Bouziane a pris un vol vers l’Algérie
L’ancien imam de Vénissieux (centre-est de la France), Abdelkader Bouziane, a pris place mardi dans un vol vers Oran, en Algérie, qui a décollé de l’aéroport Lyon-Saint-Exupéry, en application de l’arrêté d’expulsion pris à son encontre par le ministre de l’Intérieur, a-t-on appris auprès de la préfecture. Il avait été interpellé le matin même et conduit dans les locaux de la police aux frontières où lui a été notifiée la décision du Conseil d’État, prise la veille, de mettre fin à la suspension de l’arrêté de reconduite à la frontière pris le 26 février à son encontre par le ministre de l’Intérieur. L’imam Bouziane est poursuivi au plan pénal et mis en examen pour "complicité d’apologie de crime", après la parution, en avril 2004, dans un mensuel lyonnais, d’une interview dans laquelle il défendait le châtiment corporel de l’épouse infidèle. Le ministre de l’Intérieur Dominique de Villepin a déclaré à Paris sa "détermination" à lutter contre l’islamisme radical, qu’il a accusé de constituer à la fois une "menace contre la sécurité" et un "obstacle à l’affirmation d’un islam serein" en France. "Ma détermination comme celle de tout le gouvernement à lutter contre l’islamisme radical est entière", a assuré M. de Villepin à l’Assemblée nationale, en réponse à une question sur l’expulsion de l’imam algérien. "Il s’agit en effet à la fois d’une menace contre la sécurité de nos ressortissants, de nos concitoyens, et il s’agit aussi d’un obstacle à l’affirmation d’un islam en France serein s’inscrivant dans la République", a-t-il estimé. L’imam est également soupçonné d’avoir entretenu des liens avec des organisations terroristes.
Agence France-Presse Lyon - 05 octobre 2004 |