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 L’imam Abdelkader Bouziane, qui était rentré en France après la suspension de son expulsion vers l’Algérie, devrait être à nouveau expulsé. Le conseil d’État a annulé lundi la décision du tribunal administratif de Lyon qui avait suspendu en avril l’expulsion de l’imam de Vénissieux décidée par le ministère de l’Intérieur. Cette décision "redonne plein effet à l’arrêté d’expulsion, lequel peut donc à nouveau être exécuté par le ministre de l’Intérieur", écrit le conseil d’État dans un communiqué. Dominique de Villepin a aussitôt indiqué avoir "pris acte de l’annonce par le Conseil d’État de l’annulation de l’ordonnance du 26 avril du tribunal administratif de Lyon". Le ministre de l’Intérieur "prend toutes les mesures nécessaires pour mettre en oeuvre cette décision de justice", a précisé un communiqué de la place Beauvau. Pour Dominique de Villepin, "cette décision du conseil d’État confirme le bien-fondé des motifs de l’expulsion de M. Bouziane décidée par le ministère de l’Intérieur le 26 février 2004" et "met également fin à la suspension par le juge de Lyon de l’arrêté ministériel d’expulsion de M. Bouziane". Le ministre de l’Intérieur précise que la "notification" de cette décision "est en cours". Expulsé vers l’Algérie le 20 avril, Abdelkader Bouziane avait obtenu, en vertu de la suspension de l’arrêté d’expulsion, un visa de retour en France. Il est revenu le 22 mai. Le 23 puis le 26 avril, saisi en référé, le tribunal administratif de Lyon avait suspendu l’arrêté d’expulsion de l’imam de Vénissieux, signé quelques semaines plus tôt par le ministre de l’Intérieur. L’expulsion était intervenue après la parution d’une interview accordée par l’imam au mensuel Lyon Mag, dans lequel il soulignait notamment que "battre sa femme est autorisé par le Coran". L’arrêté ministériel avait été pris le 26 février pour "atteinte à l’ordre public", en raison de l’activité "doctrinale salafiste" de l’imam et de ses liens avec des groupes musulmans radicaux.
Reuters - Paris 04 - 10 - 2004 |