|
"Les enfants face aux écrans : pornographie la vraie violence", une enquête de Jacques Henno (éditions Télémaque) qui vient de paraître, fait un constat assez sombre de l’impact des images pornographiques sur les enfants via la télévision et internet. Dans cette enquête fouillée réalisée auprès de quelque 50 spécialistes, sociologues, spécialistes des médias et pédopsychiatres, l’auteur dénonce une dérive projetant les enfants dans le monde des adultes, auquel ils ne sont pas préparés. Dans la préface de ce guide pour les parents et les professionnels, le pédiatre Aldo Naouri souligne que "11% des enfants de 4 à 11 ans des foyers abonnés à Canal+ ont visionné au moins une minute de film X", "en dépit du fait notoire que le spectacle pornographique produit chez un enfant des effets catastrophiques marquants et difficilement réversibles". Or, précise l’enquête, "une des nouvelles tendances du X est l’érotisation de la violence". Seules les chaînes payantes et cryptées ont le droit de diffuser la nuit des films X et le CSA a souhaité renforcer la protection des mineurs avec la mise en place d’un double-cryptage. "Notre pays est un des plus tolérants à l’égard de la pornographie. Avec 934 films X diffusés par mois à la télévision, la France est une des nations qui facilitent le plus l’accès à la pornographie", souligne l’auteur. Jacques Henno ajoute que les jeux vidéo et internet posent également problème, 20% des foyers français étant raccordés au web et les loisirs numériques constituant la "première occupation des enfants de 4 à 14 ans". Sur internet, note-t-il, "tous les chemins mènent au porno". Actuellement, "seuls les parents peuvent vraiment protéger leurs enfants des effets des images X" à la télévision et "contrôler jeux vidéo et internet", conclut l’auteur. ("Les enfants face aux écrans : pornographie la vraie violence", éditions Télémaque, 194 pages, 12 euros).
Agence France-Presse 28 - 11 - 2004 |