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Un manifestant anti-nucléaire est décédé dimanche après avoir eu une jambe sectionnée alors qu’il manifestait sur une voie de chemin de fer en Meurthe-et-Moselle, a-t-on appris auprès de la SNCF. C’est la première fois qu’un drame de ce type survient depuis la reprise, en 2001, des convois de déchets nucléaires entre la France et l’Allemagne, traditionnellement émaillés de manifestations le long des voies ferrées. La victime, un jeune homme d’une vingtaine d’années originaire de la Meuse, faisait partie d’un groupe de huit manifestants qui s’étaient installés sur les voies à hauteur d’Avricourt, peu après Lunéville, selon la préfecture. Deux autres manifestants, au sein d’un groupe d’une petite dizaine de personnes, auraient été grièvement blessés, selon un membre du réseau Sortir du nucléaire. Stéphane Lhomme, porte-parole du réseau, qui fédère 700 associations opposées aux transports des déchets nucléaires a fait savoir que les manifestant d’Avricourt faisaient partie d’un groupe "autonome" inconnu du réseau. "Nous renouvelons notre demande d’interdiction du transport des matières nucléaires car cela amène à des conséquences absolument dramatiques", a-t-il déclaré. L’accident s’est produit vers 14h30 (13h30 GMT) dans la forêt, à un endroit où la voie est en courbe.
Freinage d’urgence
"Le conducteur a aperçu un groupe de personnes assises sur les voies. Un certain nombre se sont levées. Il a déclenché le freinage d’urgence, mais une personne qui était restée assise a eu une jambe sectionnée et est décédée", a précisé à Reuters Roselyne Histe-Wolff, chargée de la communication de la direction régionale de la SNCF. "Un jeune manifestant n’a pas pu se dégager de son dispositif au moment de l’arrivée du train. Il était placé de telle manière que malgré un freinage d’urgence, le convoi l’a heurté", a déclaré pour sa part Michel Senthille, procureur de la République de Nancy qui s’est rendu sur place. Le train de douze emballages de résidus nucléaires allemands vitrifiés avait quitté samedi le terminal ferroviaire de la Cogema de Valognes (Manche) et se dirigeait vers le site de stockage de Gorleben en Allemagne. En milieu de journée, il avait été bloqué pendant deux heures à Laneuveville-devant-Nancy (Meurthe-et-Moselle), entre Nancy et Lunéville, par une vingtaine de manifestants. Deux d’entre-eux s’étaient enchaînés sur la voie et la police avait procédé à plusieurs interpellations. Le train a pu repartir d’Avricourt à 17H45 (16H45 GMT), a fait savoir la SNCF. L’accident n’a eu que peu d’incidence sur le trafic de la ligne Paris-Strasbourg. Douze conteneurs de déchets allemands retraités par l’usine Cogema de La Hague (Manche) sont rapatriés chaque année en Allemagne depuis l’accord intervenu en janvier 2001 entre Paris et Berlin.
Reuters Strasbourg 07 - 11 - 2004 |