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Le proviseur d’un lycée niçois a adressé lundi un courrier aux parents d’élèves stipulant que toute absence "non sérieusement justifiée" de lycéens pour la fin du Ramadan entraînerait leur exclusion, a-t-on appris mardi de sources concordantes. "Je rappelle que pour la fin du Ramadan" vendredi "les élèves ne sont pas autorisés à s’absenter. Le calendrier scolaire est défini sur le plan national et aucune dérogation ne sera acceptée", écrit Vincent Padellini, proviseur du lycée d’enseignement professionnel Les Palmiers, dans un texte dont l’AFP a obtenu copie. "En cas d’absence non sérieusement justifiée, l’élève se verra exclu du lycée et un entretien avec le responsable légal sera indispensable. Une éventuelle réintégration en cours ne sera pas automatiquement acquise", ajoute le texte. Le recteur, Jean-Marie Carbasse, a "déploré les termes de ce courrier" auprès de l’AFP, rappelant qu’il s’agit d’une "initiative particulière" de l’établissement. Le proviseur des Palmiers, joint par téléphone, a estimé qu’il fallait "replacer son courrier dans un contexte de fort absentéisme". Ce courrier visait à "sensibiliser les parents", a-t-il dit, en regrettant "que des sensibilités aient pu être touchées au vif. Si je devais réécrire le texte, je le ferais différemment", a-t-il ajouté. De son côté, le délégué départemental du conseil régional du culte musulman (CRCM) Mustapha Dali a estimé que la missive "s’inscrit dans une position radicale où l’esprit de tolérance ne figure pas".
Agence France-Presse 09 - 11 - 2004
Port du voile : débrayages à La Réunion pour des raisons opposées
Une vingtaine de professeurs du lycée Leconte de Lisle de Saint-Denis, qui réclament l’application de la loi sur la laïcité ont débrayé pendant une heure vendredi matin, suivis juste après par plusieurs dizaines d’élèves qui souhaitaient soutenir leurs camarades portant le voile. Les professeurs ont déploré "l’absence de positionnement de l’administration" pour faire appliquer la loi "après deux mois de flou". Jusqu’à présent le voile, appelé châle à la Réunion, n’était pas interdit dans la cour du lycée. Certains professeurs l’acceptaient également en cours, d’autres pas. A l’issue de leur mouvement, les enseignants, dans un communiqué publié au nom de "la communauté éducative", ont demandé que la loi "s’applique au lycée" et que "tout signe religieux ostensible soit enlevé à l’entrée du lycée". Ils rappellent également qu’"en cas de non respect de ce principe, une procédure disciplinaire sera mise en place lorsque le dialogue avec l’élève ou son responsable légal n’aboutira pas". A la suite de cette action, plusieurs dizaines de lycéens ont refusé d’entrer en classe une heure pour marquer leur soutien aux jeunes filles portant le voile. L’un d’entre eux a rappelé que le voile fait partie des tenues traditionnelles et qu’il ne devrait donc pas être interdit comme l’indique une circulaire du ministère de l’Éducation nationale. Les enseignants contestent ce point de vue et parlent de "signe ostensiblement religieux". Les lycéens ont également lancé une campagne de pétition. Mardi, des parents d’élèves accompagnés des associations PEEP et FCPE ainsi que par la député communiste Huguette Bello avaient demandé au recteur Christian Merlin de tenir compte de la situation réunionnaise. Ce dernier avait appelé les enseignants et les parents au "dialogue et à la sérénité" rappelant le contexte local et l’"équilibre et la cohésion sociale et culturelle de la société réunionnaise".
Agence France-Presse 09 - 11 - 2004 |