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Le Crif a condamné vendredi les propos tenus par Hassan Iquioussen, prêcheur musulman accusé d’antisémitisme, tandis que les organisations musulmanes ont évoqué des "dérapages". Selon un article paru jeudi dans le Figaro, ce prêcheur proche de l’Union des organisations islamiques de France (UOIF), a enregistré il y a 18 mois une cassette intitulée "Palestine, histoire d’une injustice", dans laquelle il se livre à une "véritable charge antisémite" et dont le quotidien publie certains extraits. Dominique de Villepin avait condamné jeudi soir "les propos inacceptables rapportés ce jour par la presse et attribués à M. Hassan Iquioussen" en indiquant que le dossier avait été transmis au garde des Sceaux "afin qu’il examine les suites possibles". Roger Cukierman, président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), a déclaré à l’AFP que "c’est un réconfort que le ministre de l’Intérieur ait vigoureusement réagi". Les propos de Hassan Iquioussen "sont un encouragement aux actes antisémites, ajoute M. Cukierman. J’espère que ces faits qui portent atteinte à l’ordre public seront sanctionnés et j’espère qu’un ordre d’expulsion sera donné s’il s’avère qu’il n’est pas français (....) Ce genre de propos sont particulièrement pernicieux dans le climat actue". Le secrétaire général adjoint de l’UOIF "soutient" le conférencier et estime "qu’on ne doit pas faire son procès pour quelques phrases parmi quelque 500 conférences enregistrées sur cassettes", dit-il à l’AFP. "S’il y a eu dérapages, on les condamne, mais on ne condamne pas l’homme", ajoute-t-il, "il faut voir le contexte de ces phrases tirées d’une cassette, les commentaires coraniques doivent être contextualisés dans l’histoire, quand on les sort du contexte, c’est une interprétation abusive". Porte-parole du collectif des musulmans de France, proche de l’intellectuel genevois Tarik Ramadan, Ali Rahni estime aussi qu’il s’agit d’un "dérapage", "nous n’avons rien à dire là-dessus, si l’auteur lui-même reconnaît un dérapage, nous ne sommes pas responsables de ce que chacun dit". Le MRAP (mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples) "s’étonne" dans un communiqué que les propos d’Hassan Iquioussen, dénoncés il y a plusieurs mois, "soient réutilisés dans un contexte où s’approche la manifestation du 7 novembre contre le racisme, l’antisémitisme et les discriminations, et dont l’UOIF est signatair". Le MRAP rappelle par ailleurs "sa condamnation ferme des propos inacceptables tenus par Hassan Iquioussen".
Agence France-Presse 29 - 10 - 2004 |