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La France, comme toute l’Europe, doit reculer sa montre d’une heure ce week-end, trente ans après le choc pétrolier qui a provoqué l’instauration du changement d’heure. En France et dans toute l’Union européenne, il faudra en effet reculer montres et réveils d’une heure dans la nuit de samedi à dimanche. A 3 heures du matin (heure d’été), il sera 2 heures (heure d’hiver), de quoi s’offrir 60 minutes de sommeil supplémentaires. Mais en raison des fuseaux horaires, il ne sera pas la même heure partout en Europe... En effet, le Portugal, la Grande-Bretagne, l’Irlande et les Iles Canaries ont une heure de moins, et la Grèce, la Finlande et les pays baltes sont en avance d’une heure sur l’hexagone. Instauré en 1976 en France, le système de double horaire été-hiver, a été mis en place pour faire des économies d’énergie, c’est à dire réduire l’éclairage en soirée. En 1998, une directive européenne est venue unifier le système pour les pays de l’Union. Alors que le prix du baril de pétrole s’envole au dessus des 50 dollars le baril, la France est cependant aujourd’hui beaucoup moins dépendante de l’or noir pour s’éclairer. L’objectif initial était d’économiser chaque année 300.000 tonnes équivalent pétrole (tep). Actuellement, les économies réalisées sont estimées à 290.000 tep, ce qui représente 4% des consommations d’éclairage en France, l’équivalent de la consommation totale d’électricité annuelle d’une ville de 200.000 habitants, selon l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe). Mais aujourd’hui, près de 80% de l’électricité française provient du nucléaire. "C’est vrai que pour la France, cela a moins d’intérêt, si ce n’est que pour l’électricité de pointe, dans les jours très froids de l’hiver, on utilise alors du gaz", fait remarquer Bruno Lapillonne, directeur adjoint du cabinet d’études en énergie et environnement Enerdata. Le prix du gaz étant indexé sur celui du baril de pétrole, le changement d’heure retrouve alors sa justification d’origine. Mais, même si la France n’est plus dépendante du pétrole pour l’électricité, estime l’ADEME, "il faut maîtriser l’énergie en France sur tous les domaines et l’éclairage en fait partie". "C’est bon de rappeler une fois tous les six mois qu’on fait des économies d’énergie", ajoute-t-on à l’ADEME, alors que la chasse au gaspi fait florès ces dernières années. Pour autant, le changement d’heure fait toujours débat. Une étude menée tous les ans pour l’ADEME par la Sofres auprès de 10.000 ménages montre depuis plusieurs années que les Français sont majoritairement opposés au changement d’heure et que, s’ils avaient le choix, ils garderaient l’heure d’été. Et c’est ainsi que chaque année, l’Association contre l’heure d’été double (ACHED) renouvelle son souhait d’une heure fixe, qualifiant le changement d’heure d’"inhumain" et l’accusant de tous les maux : fatigue, augmentation des dépenses de santé, des accidents de la route, difficultés dans le monde du travail...
Agence France-Presse Paris - 31 - 10 - 2004 |