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La ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie a ordonné la levée du secret-défense sur 73 documents liés à la disparition de l’opposant marocain Mehdi Ben Barka le 29 octobre 1965 à Paris, comme le demandait un juge de Paris, a-t-on appris au ministère. "J’estime qu’en dehors des cas où les intérêts fondamentaux de la France (...) sont en jeu, la transparence s’impose", a déclaré la ministre sur Europe 1. La ministre de la Défense, dont la décision a été publiée au Journal officiel, a ainsi suivi les recommandations de la commission consultative du secret de la Défense nationale (CCSDN). En janvier 2000, le ministre de la Défense de l’époque, Alain Richard, avait levé le secret-défense sur une première série de pièces qui s’étaient avérées insuffisantes pour résoudre l’affaire. Il avait refusé en 2002 d’en livrer d’autres. Ce sont ces derniers dossiers - près de 600 feuillets de documents et deux photographies concernant les services secrets français - qui vont être remis à la justice. Selon plusieurs éléments de l’enquête ouverte en 1975 à Paris pour "assassinat", Mehdi Ben Barka, enlevé boulevard Saint-Germain, en plein coeur de Paris, aurait été torturé à mort par des responsables des services marocains après son enlèvement à Paris par des truands français. Le dossier de la disparition de Mehdi Ben Barka, qui était le principal opposant au roi Hassan II, est toujours sensible en France, où des responsabilités pourraient être recherchées au sein des autorités gaullistes de l’époque.
Reuters - Paris 15 - 11 - 2004 |