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Un bateau transportant des clandestins, en majorité marocains, a fait naufrage au large des côtes tunisiennes : 22 passagers ont péri et 42 sont portés disparus, a rapporté lundi l’agence tunisienne de presse TAP. Onze personnes ont été repêchées saines et sauves. La TAP ne précise pas quand le drame s’est produit. Mais, selon le journal "Tunis Hebdo", il aurait eu lieu dans la nuit de samedi à dimanche. L’embarcation, apparemment en surcharge, transportait 75 clandestins : 70 Marocains et cinq Tunisiens. Elle se dirigeait vers les côtes italiennes proches du littoral tunisien. Elle a fait naufrage une heure après le départ de la localité de Chott Mériem, dans le "gouvernorat" de Sousse, à 150km au sud-est de Tunis, a précisé l’agence. Plusieurs unités de la marine tunisienne et des équipes de secours de la protection civile et de plongeurs, appuyées par un hélicoptère de l’armée, poursuivaient les recherches lundi dans l’espoir de retrouver d’autres rescapés. D’après "Tunis Hebdo", peu après avoir quitté la plage de Chott Mériem, l’embarcation a craqué sous le poids de la surcharge des passagers et s’est brisée en deux. Selon les premières investigations, les naufragés marocains étaient entrés légalement en territoire tunisien. Ils faisaient partie d’un groupe de 280 personnes qui projetaient d’immigrer clandestinement en Italie, ajoute la TAP. Ils s’étaient rassemblés initialement dans une habitation de la région de Nabeul, à 80km au sud-est de Tunis, a rapporté le journal. Pour ne pas attirer l’attention, ils se sont engouffrés dans la masse de supporteurs de l’équipe de Sousse, l’Etoile du Sahel, à son retour de la capitale après un match qui l’avait opposé samedi à l’Espérance de Tunis, pour mettre à exécution leur plan et atteindre le rivage d’où ils ont embarqué vers l’Italie. A la suite de ce drame, les autorités de la région de Nabeul ont lancé un vaste coup de filet qui a abouti à l’arrestation de quelque 200 clandestins candidats à l’émigration illégale. Leurs nationalités n’ont pas été précisées. A Tunis, le gouvernement s’est réuni et des mesures non précisées ont été prises visant à "prévenir et à lutter efficacement contre ce phénomène pour éviter les drames sociaux qu’il entraîne". Long de 1.300 kilomètres, le littoral tunisien attire fréquemment des jeunes de divers horizons qui rêvent de gagner "l’Eldorado européen" au péril de leur vie. Ils sont souvent escroqués par des passeurs sans scrupules qui, une fois l’argent empoché (de 700 à 1.200 euros par tête), les laissent à la merci des aléas de la mer.
The Associated Press TUNIS - 04 - 10 - 2004 |