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Le droit d’asile est en crise, a affirmé le Haut Commissaire de l’ONU pour les réfugiés (HCR), Ruud Lubbers. L’institution est affaiblie par la peur, la confusion et la politisation du débat dans un contexte moins ouvert à la cause des réfugiés. Ouvrant cinq jours de travaux de l’organe dirigeant de l’agence de l’ONU, composé de 66 pays (dont la Suisse), le Haut Commissaire a souligné que, paradoxalement, ce phénomène intervient alors que le nombre de réfugiés et de demandeurs d’asile ne cesse de décroître.
Chute des demandes
Le nombre de personnes relevant de la compétence de l’agence de l’ONU pour les réfugiés (HCR) a pourtant chuté de 21,8 millions en janvier 2001 à 17,1 millions au début de l’année 2004 - une baisse de presque 22 %. Parallèlement, le nombre de demandeurs d’asile dans les pays industrialisés a atteint son plus bas niveau depuis 17 ans. Vendredi, le HCR avait adressé une sérieuse mise en garde à l’Union européenne (UE). Il a critiqué le projet financé par la Commission européenne de créer cinq centres d’accueil au Maroc, en Algérie, en Libye, en Mauritanie et en Tunisie et démenti qu’il y participe.
Crise énorme au Darfour
Ruud Lubbers, rentré mercredi d’une mission de cinq jours au Tchad et au Soudan, a dénoncé la détresse dans les camps établis des deux côtés de la frontière tchado-soudanaise. Il a regretté que la communauté internationale ait mis près de six mois à réaliser la gravité de la situation au Darfour, victime d’une crise énorme. Le HCR aide près de 200 000 réfugiés du Darfour. Ruud Lubbers a souligné que les tueries ont maintenant pris fin et que les organisations humanitaires ont enfin obtenu l’accès aux personnes déplacées. Il faut maintenant trouver les moyens de protéger les civils et de reconstruire la région. Le Haut Commissaire a exprimé par ailleurs sa préoccupation quant à la situation des demandeurs d’asile nord-coréens en Chine. Il a indiqué que le HCR poursuivait ses efforts pour en obtenir l’accès auprès des autorités de Pékin. Il a souhaité discuter la question avec les autorités chinoises.
TSR - Genève 04 - 10 - 2004 |