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Au lendemain du naufrage d’un bateau d’émigrants clandestins, en majorité des Marocains, au large du littoral tunisien, qui a fait 22 morts et 42 disparus, les autorités tunisiennes ont lancé une chasse aux « brûleurs », métaphore couramment usitée en Tunisie pour désigner les candidats à l’émigration, qui « brûlent » illégalement les frontières. Le journal « Assabah » de Tunis fait état mardi de l’arrestation de 126 ressortissants marocains qui s’apprêtaient à embarquer vers la Sicile à partir de la plage de Sidi Mahersi, entre Hammamet et Nabeul, à environ 80 km de Tunis. C’est de cette région qu’étaient partis le week-end dernier leurs compatriotes naufragés. Un canot pneumatique de type Zodiac que devait emprunter ces « brûleurs » a été saisi au cours de l’opération ainsi que d’autres équipements, précise le quotidien. Selon les premiers éléments de l’enquête, ils ont versé 1.000 euros chacun au passeur qui devait leur assurer le voyage par mer en Italie. Les agents de la sécurité ont opéré un autre coup de filet dans un hôtel à Tunis, où ils ont arrêté 25 autres ressortissants marocains suspectés du même délit. D’après les investigations de la police tunisienne, ces candidats à l’émigration clandestine faisaient partie d’un groupe de 280 Marocains entrés légalement en territoire tunisien dans le dessein de se rendre en Italie. Selon « Assabah », une autre tentative du même genre a été avortée dans la localité d’El Haouaria, située sur la côte est de la Tunisie. Douze Tunisiens y étaient impliqués. Ces coups de filets interviennent alors que le gouvernement tunisien a décidé de prendre des mesures rigoureuses dans le but de lutter « efficacement » contre le phénomène de l’émigration illégale. Lors d’une réunion lundi avec les ministres de la Défense, Dali Jazi, et de l’Intérieur, Hédi Mhenni, le président tunisien Zine El Abidine Ben Ali s’est déclaré « profondément préoccupé » par les tentatives d’émigration clandestine qui font de nombreuses victimes « originaires la plupart de pays frères ». Il a donné des instructions pour « redoubler d’efforts en vue de lutter contre ce phénomène de manière à préserver les vies humaines et éviter les drames sociaux qu’il entraîne ». Quant au bilan du naufrage du week-end, il demeure inchangé. Les chances de les retrouver s’évaporent de plus en plus, malgré la poursuite des recherches menées par les unités de marine tunisienne. En raison de sa proximité des côtes italiennes, le littoral tunisien, long de 1.300 kilomètres, attire fréquemment des jeunes de divers horizons qui rêvent de se rendre dans « l’Eldorado européen ». Selon les statistiques, environ 30% des clandestins sont des Tunisiens, tandis que les 70% restants sont des Maghrébins, des ressortissants de l’Afrique subsaharienne, voire des Asiatiques. Les autorités tunisiennes, qui ont renforcé la surveillance de leurs côtes, font régulièrement échec a de telles tentatives.
Bouazza ben Bouazza The Associated Press Tunis - 05 - 10 - 2004 |