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 Les ministres européens de la Justice et de l’Intérieur, réunis en conseil informel en fin de semaine dernière aux Pays-Bas, ont débattu du projet de création de centres de regroupement des réfugiés dans les pays de transit en Afrique, a fait savoir, lundi à Bruxelles, un porte-parole officiel au cours d’un point de presse. Selon le projet présenté par M. Antonio Vitorino, commissaire en charge de la justice et des affaires intérieures, ne seraient renvoyés dans les camps de regroupement en Afrique que les migrants clandestins trouvés dans les eaux internationales ou celles de pays tiers, les personnes interceptées dans les eaux territoriales européennes devant être ramenées en Europe. Pour M. Vitorino, il n’y aura pas de camps européens de regroupement de réfugiés dans les pays d’Afrique du Nord (Algérie, Maroc, Tunisie, Mauritanie et Libye). Ce projet, très précis, propose plutôt que l’Union européenne aide ces pays à créer un véritable système d’asile, en collaboration avec le Haut Commissariat de l’ONU aux réfugiés (HCR). Ce projet serait financé à hauteur de 800.000 euros par le budget de l’Union européenne et de 200.000 euros par des fonds octroyés par le gouvernement des Pays-Bas. Les fonctionnaires européens, qui se rendront dans ces pays, les aideront à améliorer leurs systèmes d’asile nationaux et n’auront aucune compétence exécutive, a tenu de souligner M. Vitorino. Concernant la Libye, pays qui n’a pas ratifié la Convention de Genève de 1951 sur les réfugiés, l’Union européenne n’apportera sa collaboration que si Tripoli signe ladite convention. Si M. Vitorino est opposé à la création de centres dans les pays d’Afrique du Nord, il est, en revanche, favorable à la création de camps de regroupement de réfugiés en Egypte, en Tanzanie, en Somalie, au Burkina Faso et au Kenya, avec le concours du HCR. Pour l’auteur du projet, il est important, pour l’Union européenne, de créer un solide partenariat avec les pays tiers qui doivent respecter les conventions internationales, insistant sur le fait que l’Union ne pourra commencer à examiner les demandes d’asile hors de ses frontières qu’au moment où elle aura défini une véritable politique européenne d’asile. Il a tenu à faire observer que chacun des 25 Etats membres de l’Union européenne a actuellement sa propre politique d’accueil de demandeurs d’asile. Le projet présenté par M. Vitorino souligne que les demandeurs d’asile sont, dans leur très grande majorité, des personnes fuyant davantage la pauvreté que des persécutions et trouvent comme seule solution de déposer une demande d’asile. Il faut savoir que seuls 10% de demandeurs d’asile se voient accorder le statut de réfugié politique dans l’Union européenne. Bien que les responsables européens aient reconnu le besoin d’une immigration en Europe, il n’y a encore aucune réelle politique commune visant l’immigration légale.
Angola Press Bruxelles - 05 - 10 - 2004 |