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Buttiglione plaide pour développer l’immigration légale dans l’UE

L’Italien Rocco Buttiglione, commissaire désigné à la Justice, la Liberté et la Sécurité, s’est prononcé mardi lors de son audition au Parlement européen en faveur du développement d’une immigration légale dans l’UE pour réduire l’immigration illégale. « Selon les chiffres, qui sont probablement inférieurs à la réalité, 1.127 personnes sont mortes en traversant la Méditerranée. Beaucoup auraient pu venir en Europe de manière légale », a-t-il affirmé lors de son audition devant la commission des libertés civiles du Parlement. « Je crois qu’il faut ouvrir des canaux d’immigration légale. On a du mal à parler d’immigration légale en Europe », a-t-il regretté. M. Buttiglione a cependant un pouvoir limité dans ce domaine, les entrées légales dans l’UE étant de la compétence de chaque État membre. Il n’entend ainsi pas proposer l’instauration de quotas européens. Revenant sur une polémique à laquelle il avait contribué cet été, M. Buttiglione a assuré qu’il « n’avait jamais proposé l’installation de camps en Afrique du Nord pour déporter les immigrants illégaux en Europe ». « J’ai parlé de centres d’aide humanitaire, les camps existent déjà dans ces pays. Nous n’avons pas l’intention d’en créer de nouveaux, nous voulons créer les conditions pour sortir de ces camps », a-t-il expliqué. De manière un peu confuse, M. Buttiglione a expliqué qu’il faudrait informer dans ces centres les candidats à l’exil des possibilités d’immigration en Europe et trier en quelque sorte entre ceux qui resteraient sur place, ceux qui pourraient accéder à l’UE et ceux qui seraient renvoyés chez eux. Sur la question de l’asile, M. Buttiglinone a estimé « qu’il fallait étudier la possibilité de déposer les demandes d’asile hors de l’UE pour ceux qui ne sont pas encore arrivés sur le territoire de l’UE ». Réunis la semaine dernière aux Pays-Bas, les ministres de l’Intérieur de l’UE étaient restés prudents sur l’idée de ces « centres de transit », avancée par l’Italie et l’Allemagne, la France y étant même totalement hostile. Les ministres n’avaient pas en revanche rejeté l’idée à moyen terme de pouvoir examiner des demandes d’asile hors des frontières de l’UE. La Commission européenne avait annoncé le déblocage d’un million d’euros pour financer l’action du Haut commissariat des réfugiés aux Nations Unies au développement d’un système d’asile dans les cinq pays d’Afrique du Nord concernés : Mauritanie, Maroc, Algérie, Tunisie et Libye, ce dernier pays devant au préalable ratifier la Convention de Genève sur les réfugiés. Ministre démissionnaire des affaires européennes du gouvernement italien, M. Buttiglione a défendu les renvois en Libye des centaines de clandestins arrivés ces derniers jours sur l’île de Lampedusa, qui ont été critiqués par le HCR comme une entorse au droit d’asile. « Il s’agit d’un refus d’admission. Selon mes informations, le droit à déposer une demande d’asile a été respecté », a-t-il assuré, en référence au tri par nationalités opéré par le gouvernement italien. Sur les questions de justice, M. Buttiglione a assuré que le mandat d’arrêt européen serait adopté par le Sénat italien dans les « semaines à venir ». L’Italie traîne les pieds depuis le début pour adopter le mandat d’arrêt européen qui facilite les procédures d’extraditions dans l’UE. Elle est le dernier pays de l’UE dans lequel il n’est pas entré en vigueur alors qu’il l’aurait dû l’être au 1er janvier.
Tageblatt 05 - 10 - 2004 |