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Les recherches se poursuivent mardi au large de Chott Mariem (100 km de Tunis) sur le lieu du naufrage d’un bateau d’immigrants clandestins en route pour l’Italie qui a fait 64 morts, une enquête étant en cours pour retrouver les passeurs. 11 personnes ont pu être sauvées. Le bilan demeurait inchangé, seuls 22 corps ont été repêchés et des vedettes de la Marine nationale tunisienne continuent de chercher ceux des 42 disparus dont certains pourraient ne pas être retrouvés en raison des courants, selon les sauveteurs. Dans le même temps, les passeurs ayant commandité l’opération étaient activement recherchés dans le cadre d’une enquête lancée par la brigade criminelle de Nabeul qui devra déterminer les responsabilités dans le naufrage. L’embarcation qui devait se rendre dans l’île italienne de Lampedusa, point d’arrivée de nombreux immigrants clandestins venus de Tunisie ou de Libye voisine, a chaviré de nuit durant le week-end, une heure après le départ, se cassant en deux et projetant ses passagers dans les flots. Une unité de la Marine nationale, qui effectuait un contrôle de routine dans les eaux territoriales tunisiennes, a assisté au naufrage, elle s’est aussitôt rendue sur les lieux sauvant quelques-uns des 11 rescapés, tandis que d’autres parvenaient à regagner la plage à la nage. Le bateau de pêche sur lequel avaient pris place les 75 immigrants clandestins - 70 Marocains et 5 Tunisiens, âgés en moyenne de vingt à trente ans - était surchargé et vieux de 22 ans. La petite plage de Chott Mariem - à l’écart de la ville de Sousse, une station balnéaire très prisée des touristes européens - avait été choisie comme point de départ de l’embarcation en raison de son isolement, à l’abri des radars des gardes-côtes tunisiens. Suite à ce naufrage, les forces de sécurité ont procédé dimanche à l’arrestation de 151 Marocains qui s’apprêtaient également à émigrer clandestinement en Italie, annonce le Temps de Tunis. Le même journal indique que douze Tunisiens ont été interceptés par la Marine nationale lundi au large d’El Houaria (est), alors que partis de la plage de Raoued (près de Tunis), ils tentaient de se rendre avec leur embarcation en Sicile. Le littoral méditerranéen de la Tunisie et la Libye voisine sont souvent le point de départ ou de transit d’embarcations de clandestins tentant de rallier les côtes italiennes proches, principalement les îles de Lampedusa et Linosa, situées entre la Tunisie, la Sicile et Malte. Les gardes Tunisiens - dont l’activité s’étend sur 1300 km de côtes - font fréquemment échec à ces tentatives d’immigration illicite. Les passeurs sont condamnés à des peines de prison et les clandestins font l’objet de poursuites, la Tunisie et l’Italie étant liées par des accords d’assistance en matière de lutte contre l’immigration clandestine.
Agence France-Presse Chott Mariem - 05 - 10 - 2004 |