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lundi 14 novembre 2005, 18h08
TUNIS (AP) - "Don’t worry" (n’ayez crainte) : telle est la réplique lancée par le président du comité d’organisation du Sommet mondial sur la société de l’information (COSMSI), Habib Ammar, à un haut fonctionnaire onusien qui l’interpellait sur la situation en Tunisie au lendemain des attentats terroristes d’Al-Qaïda à Amman, et sur les préparatifs engagés par les autorités tunisiennes en vue du sommet qui s’ouvre mercredi.
Le responsable du COSMSI se voulait rassurant quant aux mesures prises, singulièrement sécuritaires, pour accueillir plus de 17.000 participants, dont une soixantaine de chefs d’Etat et de gouvernement, ainsi que 2.000 journalistes devant couvrir ce sommet sous l’égide des Nations Unies.
Selon les organisateurs, Tunis est désormais fin prêt pour l’événement, le premier de cette envergure dans le pays.
Des dizaines de milliers de policiers, épaulés par des unités spéciales, dont les fameux "Tigres noirs", sont à pied d’oeuvre depuis des semaines, en particulier dans la capitale et le Palexpo du Kram, à une dizaine de kilomètres, où se tiendra le sommet. L’armée a été mise à contribution pour surveiller les sites sensibles tels les centrales électriques et les dépôts de gaz.
Un dispositif jamais déployé dans les annales tunisiennes pour assurer la sécurité des personnalités et autres participants, dont "l’affluence record a dépassé toutes les prévisions", selon une source proche du COSMSI.
Parmi les délégations particulièrement sous haute surveillance, celle menée par le ministre israélien des affaires étrangères, Sylvan Shalom et la ministre des télécommunications, Dalia Isaac.
C’est la première fois qu’une délégation israélienne de si haut niveau participe à un tel événement -onusien il est vrai- dans un pays arabe n’entretenant pas de relations diplomatiques avec l’Etat hébreu.
En attendant le 16 novembre, le centre de Tunis est étroitement quadrillé par des agents en uniforme et en civil aux aguets. Même les corbeilles municipales ont été enlevées sur la principale artère, l’avenue Habib Bourguiba, centre névralgique de la capitale, de crainte que des explosifs y soient déposés.
Cet aspect sécuritaire n’empêche pas Tunisiens et visiteurs de s’attabler en grand nombre dans une ambiance plutôt conviviale aux nombreuses terrasses modernes des cafés voisins de cette artère qui est un peu les "Champs-Elysées" de Tunis.
Sur le site même du sommet, les mesures sont plus draconiennes. Des barrages de policiers, certains mitraillettes au poing, sont dressés tout au long des itinéraires menant au Palexpo du Kram, contrôlant tous les mouvements.
Les quartiers environnants sont passés au peigne fin. Des badges ont été délivrés aux habitants de cette cité populeuse, dans le but vraisemblablement d’éviter toute infiltration d’éléments suspects.
C’est que, pour M. Ammar, "nous devons tout prévoir car n’avons pas droit à l’erreur".
Une consolation pour les gens du quartier : de nouvelles routes fleuries, échangeurs et autres infrastructures sont venus vivifier cette zone quelque peu mal entretenue auparavant.
A l’intérieur du périmètre du sommet, la sécurité est à la charge de l’ONU. Couvrant 33.000 m2, le Palexpo a été profondément réaménagé et doté d’équipements de communication sophistiqués. Une tente géante de 8.300 m2 abritera l’exposition "ICT4all", où 315 exposants de 69 pays présenteront tout ce qui se fait de plus moderne en matière de produits TIC (technologies de l’information et des communications).
Devant le site, un monument géant éclairé de couleurs chatoyantes illustre les autoroutes de l’information et la fracture numérique Nord-Sud : deux flèches apparaissent autour d’un globe terrestre, une grande symbolisant l’évolution des pays riches, l’autre beaucoup plus petite, pour refléter le retard des pays du Tiers-Monde en matière de nouvelles technologies.
Dans les hôtels de Tunis et des banlieues, qui affichent complets depuis des semaines, une fouille minutieuse s’exerce à l’entrée comme à la sortie. Les autorités ont même réquisitionné un car-ferry, le "Carthage" pour y loger quelque 700 participants qui n’avaient pas pris leurs dispositions à temps. AP |