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À LA COMMISSION DES DROITS DE L’HOMME DES NATIONS UNIES, DES MEMBRES DE L’IFEX FONT PRESSION EN FAVEUR DE RÉFORMES
Au moment d’entamer sa session annuelle cette semaine à Genève, la Commission des Droits de l’homme des Nations Unies se heurte de plus en plus aux critiques qui lui reprochent sa faiblesse contre les États contrevenants. Human Rights Watch et Reporters sans frontières (RSF) comptent parmi de nombreuses organisations non gouvernementales qui exigent des réformes de toute urgence.
Human Rights Watch fait remarquer que les 53 pays membres de la Commission comprennent des gouvernements comme celui du Soudan, qui porte la responsabilité de crimes contre l’humanité au Darfour. Le Soudan a été réélu à la Commission en 2004, en dépit des critiques de Human Rights Watch, qui l’accuse de violations flagrantes des droits de la personne (voir à : http://hrw.org/english/docs/2005/03/10/sudan10293.htm).
Ces dernières années, la composition de la Commission a changé considérablement, dit Human Rights Watch. Un nombre croissant de pays qui présentent des déficiences au chapitre des droits de la personne ont obtenu un siège à la Commission et ont utilisé leurs votes pour déjouer les résolutions qui dénoncent leurs agissements.
Selon Human Rights Watch, la Commission doit éliminer de ses rangs les pires transgresseurs des droits de la personne et insister pour que les pays qui veulent s’y joindre doivent s’engager à améliorer les droits de la personne (lire le rapport à : http://hrw.org/french/docs/2005/03/08/switze10281.htm).
Reporters sans frontières (RSF) attire l’attention sur le fait que 70 des 99 journalistes incarcérés de par le monde le sont dans des pays qui siègent à la Commission. Il s’agit de la Chine, de Cuba, de l’Érythrée et du Népal. « La [Commission] continue de se discréditer. Nous ne comprenons pas comment les dirigeants des Nations Unies tolèrent cela », dit RSF.
Le groupe, qui est membre de l’IFEX, adresse directement ses critiques à l’Iran et fait remarquer qu’au cours des deux dernières années, le gouvernement n’a pas tenu compte des recommandations, formulées par deux experts des Nations Unies, d’améliorer la situation de la liberté d’expression et de mettre fin aux détentions arbitraires. Avec 13 journalistes actuellement derrière les barreaux, l’Iran est le premier geôlier de journalistes et de cyberdissidents de tout le Moyen-Orient, dit RSF (voir à : http://www.rsf.org/article.php3 ?id_article=12874).
Par ailleurs, le PEN International et l’Union internationale des éditeurs (UIE) ont fait part de leur préoccupation devant la situation de la libre expression en Tunisie. Les deux groupes indiquent que la Tunisie, qui accueillera le Sommet mondial sur la société de l’information en novembre 2005, est loin de satisfaire à ses engagements en regard du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIRDCP).
Les lois ont été modifiées au cours des deux dernières années afin de « restreindre considérablement la liberté d’expression », disent l’UIE et le PEN International. Entre autres sujets d’inquiétude, on note le blocage des sites web, le harcèlement des médias critiques et le recours à la torture par les agents de sécurité.
Les deux groupes pressent le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la liberté d’expression, Ambeyi Ligabo, de rappeler leurs obligations aux autorités de la Tunisie aux termes du PIRDCP. Lire leur rapport : http://tinyurl.com/4ev82.
La Commission des Droits de l’homme siège du 14 mars au 22 avril 2005.
Consulter les sites suivants :
Commission des Droits de l’homme des Nations Unies
PIRDCP
RSF
UIE
PEN International
International Herald Tribune
Campagne en faveur d’un regroupement démocratique aux Nations Unies |