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Le directeur du Service roumain de renseignement (SRI) Radu Timofte a déclaré mercredi que deux journalistes roumains travaillant pour des médias étrangers ont été mis sur écoutes, soupçonnés d’"espionnage". "Deux journalistes roumains qui ne travaillent pas pour des médias locaux et qui collaborent avec des services secrets étrangers ont été mis sur écoutes", a déclaré M. Timofte à l’agence Mediafax. C’est la première fois que le SRI reconnaît la mise sur écoutes de journalistes, alors que depuis sa création début 1990, en remplacement de la redoutable Securitate (police politique du régime communiste), ce service a souvent été accusé de surveiller les médias. "Les enquêtes sont en cours", a ajouté M. Timofte, en affirmant que les personnes visées "mettent en danger la sécurité nationale". Contacté par l’AFP, le porte-parole du SRI, Marius Bercaru, a confirmé ces propos, assurant que ce service dispose d’"informations certaines" contre les deux journalistes. Ces deux personnes "ont des contacts avec des cadres de services d’espionnage étrangers, sont impliquées dans des activités de collecte de renseignements en faveur de services d’espionnage étrangers et sont rémunérées pour cela", a déclaré M. Bercaru. Ces déclarations interviennent deux jours après la publication par le quotidien Ziua d’une demande de mise sur écoutes des téléphones de deux agences privées de presse, Mediafax et AM Press. Cette demmande, faite par le chef de la direction des renseignements du ministère de l’Intérieur, Virgil Ardelean, était officiellement destinée à vérifier des soupçons contre un inspecteur de police qui aurait "divulgué des éléments sur des enquêtes en cours à des personnes non autorisées". Plusieurs associations de défense de la presse ainsi que deux commissions parlementaires ont toutefois rejeté les explications de M. Ardelean et demandé l’ouverture d’une enquête sur cette affaire. Le ministre de l’Intérieur Vasile Blaga a pour sa part déclaré que M. Ardelean serait limogé s’il s’avérait qu’il a enfreint la loi.
Agence France Presse 26 - 01 - 2005 |