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 Plusieurs écrivains mondialement connus, dont trois prix Nobel de littérature, ont appelé dimanche "ceux qui en ont le pouvoir" à rendre sa liberté à la journaliste du quotidien français Libération, Florence Aubenas, disparue depuis mercredi en Irak. "Bien qu’aucune information ne soit venue confirmer pour le moment l’hypothèse d’un enlèvement, nous tenons à exprimer notre profonde inquiétude et notre solidarité à l’égard de Florence Aubenas, journaliste française de Libération, collaboratrice de notre revue Autodafé et que nous considérons comme une des nôtres", selon un communiqué du Parlement international des écrivains. "Nous apprécions son travail de journaliste et de grand reporter ; son exigence intellectuelle et ses qualités d’écriture : ses reportages rendent compte d’un monde complexe, souvent opaque et parfois violent, sans parti pris, avec le seul souci de dire la vérité et d’éclairer la réalité", poursuit le communiqué. Le texte est signé par des Prix Nobel de littérature --Elfriede Jelinek (Autriche), Naguib Mahfouz (Egypte) ou Wole Soyinka (Nigeria)-- ainsi que des plumes prestigieuses comme Russel Banks (Etats-Unis), Hubert Nyssen (France), Adonis (Syrie-Liban), Breyten Breytenbach (Afrique du Sud), Mahmoud Darwich (Palestine), Gamal el-Ghetany et Sonallah Ibrahim (Egypte), Juan Goytisolo et Enrique Vila-Matas (Espagne), David Lodge (Grande-Bretagne) ou Antonio Tabucchi (Italie). Florence Aubenas, 43 ans, et son interprète irakien Hussein Hanoun ont disparu depuis mercredi matin en Irak.
Agence France Presse 09 - 10 - 2005
L’incertitude sur le sort de Florence Aubenas demeure
Le ministre de la Culture et de la Communication, Renaud Donnedieu de Vabres, déclare dimanche n’avoir "aucune information définitive" concernant la journaliste de Libération disparue en Irak Florence Aubenas, et estime "préférable" d’éviter ce pays. "Nous n’avons aucune information définitive, confirmée, concernant l’état dans lequel se trouvent" la journaliste et son interprète irakien, a déclaré le ministre sur Radio J. Florence Aubenas et Hussein Hanoun Al Saadi ont disparu mercredi matin à Bagdad. "L’attente est insupportable. Des nouvelles sont distillées. Je ne suis pas, à l’heure où je vous parle, en mesure de les confirmer", a ajouté Renaud Donnedieu de Vabres, selon qui les autorités françaises sont "totalement mobilisées". "Le président de la République, le Premier ministre et l’ensemble du gouvernement, nous sommes tous totalement mobilisés 24 heures sur 24 pour avoir des informations et pour avoir des nouvelles confirmées et définitives", a-t-il assuré. "Les services de l’Etat agissent 24 heures sur 24 pour avoir le maximum d’informations possible et prendre les décisions qui s’imposeront à partir du moment où des informations nous seraient données, ce qui n’est pas le cas pour le moment". Le ministre de la Communication a mis en garde les organes de presse contre le danger d’envoyer des journalistes en Irak. "Aujourd’hui, vu la situation sur place, le danger le plus extrême et la difficulté la plus totale existent pour exercer son métier de journaliste", a dit Renaud Donnedieu de Vabres selon qui il est "dans l’état actuel des choses, préférable" pour les reporters français de s’abstenir d’aller en Irak. Lors de la cérémonie des voeux de la presse, vendredi à l’Elysée, Jacques Chirac a "formellement déconseillé" aux journalistes de se rendre dans ce pays. "Malgré cette recommandation qui a été formulée par le président de la République, de toutes façons, nous sommes en train d’agir" au sujet de Florence Aubenas, a dit le ministre de la Culture. Par ailleurs, le Conseil des démocrates musulmans de France (CDMF) a annoncé dimanche qu’il se mobilisait pour obtenir des nouvelles de la journaliste de Libération Florence Aubenas, disparue en Irak depuis mercredi. "Attristé et inquiet, le CDMF se mobilise afin d’obtenir des nouvelles de la journaliste Florence Aubenas, comme il l’avait fait pour Christian Chesnot et Georges Malbrunot, heureusement libérés", écrit-il dans un communiqué. L’organisation s’était mobilisée ces derniers mois en faveur des ces derniers, libérés le 21 décembre après quatre mois de détention en Irak. Elle avait notamment participé à des manifestations de soutien. Le CDMF "exige que toute la lumière soit faite" sur le sort de Florence Aubenas, "qui s’est rendue en Irak en tant que reporter pour témoigner et ainsi lutter pour la liberté d’expression. La journaliste, qui était arrivée en Irak le 16 décembre, a disparu avec son interprète irakien Hussein Hanoun Al Saadi.
Reuters - Paris 09 - 01 - 2005 |