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Un imam de la ville sainte chiite de Najaf (centre de l’Irak) a dénoncé vendredi "le rapt" de la journaliste française Florence Aubenas, qui a disparu depuis neuf jours avec son accompagnateur irakien. "Nous dénonçons le rapt de la journaliste française et nous le considérons comme un acte terroriste", a déclaré cheikh Sadreddine al-Koubbanji, représentant du Conseil suprême de la révolution islamique en Irak (CSRII), le principal parti chiite irakien, lors de son prêche du vendredi. Jeudi à Paris, le président intérimaire irakien Ghazi al-Yaouar a exprimé sa "tristesse pour l’enlèvement" de Florence Aubenas et affirmé que "le gouvernement irakien fait tout ce qui est en son pouvoir pour obtenir la libération de cette journaliste et de son accompagnateur". C’était la première fois qu’une autorité politique employait le terme d’"enlèvement" pour qualifier la disparition de Florence Aubenas, grand reporter au quotidien français Libération. Mardi, le ministre français des Affaires étrangères Michel Barnier avait refusé de parler "d’enlèvement" de Florence Aubenas et de son guide irakien Hussein Hanoun Al Saadi, dont on est sans nouvelles depuis le 5 janvier.
Agence France Presse 14 - 01 - 2005
Disparition Aubenas : aucune information confirmée (Raffarin)
Le Premier ministre français Jean-Pierre Raffarin déclare qu’"aucune (...) information" concernant la journaliste Florence Aubenas, disparue depuis neuf jours en Irak, "n’est aujourd’hui confirmée", dans un entretien à paraître samedi dans le quotidien Libération. "Le gouvernement et ses services sont complètement mobilisés. Nous avons mis en place le même dispositif que pour Christian Chesnot et Georges Malbrunot (ndrl : les journalistes détenus en otages pendant quatre mois en Irak). Nos représentants à Bagdad sont extrêmement actifs", indique le Premier ministre. "J’ai d’ailleurs dit à notre ambassadeur de rester sur place alors qu’il devait accompagner le président irakien lors du séjour de celui-ci à Paris", poursuit-il. "Les contacts se multiplient sur le terrain. Des vérifications sont faites", ajoute le chef du gouvernement. Florence Aubenas, envoyée spéciale de Libération, et son accompagnateur irakien Hussein Hanoun Al Saadi ont disparu il y a neuf jours.
Agence France Presse 14 - 01 - 2005
Disparition Aubenas : des centaines de personnes à une soirée de mobilisation
Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées jeudi soir à l’Institut du Monde Arabe à Paris à l’occasion d’une soirée de mobilisation pour Florence Aubenas, envoyée spéciale du journal Libération en Irak, et son accompagneur irakien, dont on est sans nouvelles depuis huit jours, a constaté l’AFP. Le président de l’IMA, Yves Guéna, et le secrétaire général de Reporters sans Frontières (RSF) Robert Ménard, qui ont organisé cette soirée, ont accueilli la famille de Florence Aubenas. Le directeur de la rédaction de Libération Antoine de Gaudemar a dit à l’AFP qu’il avait rencontré dans la journée le président intérimaire irakien Ghazi al-Yaouar, en visite à Paris, qui s’est montré "très chaleureux" et a fait preuve de "beaucoup de sollicitude". Son entourage a souligné qu’il n’avait pas parlé d’"enlèvement" mais de "disparition" de Florence Aubenas. De son côté, Robert Ménard a indiqué que "pour l’instant, on ne peut parler que de disparition car il n’y a aucune revendication". Il a rappelé qu’il s’était passé huit jours avant que la chaîne de télévision Al-Jazira ne publie une revendication de l’enlèvement de deux journalistes français, Christian Chesnot et Georges Malbrunot, par l’Armée islamique en Irak. "Il n’y a encore rien d’angoissant" dans le silence d’éventuels ravisseurs de Florence Aubenas et de son accompagnateur irakien Hussein Hanoun Al Saadi, a-t-il estimé. Le président al-Yaouar a exprimé jeudi, à l’issue d’un déjeuner à l’Élysée avec le président français Jacques Chirac, sa "tristesse pour l’enlèvement" de Florence Aubenas et affirmé que "le gouvernement irakien fait tout ce qui est en son pouvoir pour obtenir la libération de cette journaliste et de son accompagnateur", selon la traduction de ses propos. "C’est une autre manifestation du terrorisme aveugle qui ne fait aucune distinction entre les être humains, les religions, les sexes ou la nationalité", a-t-il ajouté, selon cette traduction.
Agence France Presse 13 - 01 - 2005
Maroc : vive polémique sur l’attitude de la presse vis-à-vis du roi
Une vive polémique s’est développée au Maroc sur la liberté de la presse pour les sujets touchant à la personne du roi, après la publication d’articles critiques sur les revenus et les activités du monarque. "L’institution monarchique est la nouvelle cible des nihilistes", titrait vendredi le quotidien Aujourd’hui le Maroc (indépendant), estimant à la Une que "les atteintes à la personne du roi dans certains journaux mettent en danger la transition démocratique". L’accusation, relayée par plusieurs éditorialistes et par divers responsables politiques, vise essentiellement deux hebdomadaires indépendants, Tel Quel et Le Journal Hebdomadaire, qui seraient placés à la tête d’une "campagne de dénigrement systématique" contre le roi Mohammed VI. Le premier a publié, sous le titre "le salaire du roi", un dossier très détaillé sur les revenus du souverain et le coût de l’appareil monarchique et de ses palais pour les contribuables marocains - environ 210 millions d’euros par an. Le Journal hebdomadaire a pour sa part publié à la Une la photo d’un trône vide, surmonté du titre interrogateur "Que fait le roi ?", en appui à un article critiquant l’absence de Mohammed VI en diverses occasions officielles - parmi lesquelles les funérailles de Yasser Arafat organisées au Caire le 12 novembre dernier. Le leader du Mouvement national populaire (MNP, centre droit), Mahjoudi Aherdane, dénonce dans Aujourd’hui Le Maroc "un complot" ourdi par "ceux-là mêmes qui ont comploté dans le passé contre l’institution royale" - allusion aux tentatives de coups d’État contre l’ex-roi Hassan II, en 1971 et 1972. Le Directeur de l’hebdomadaire La Tribune (indépendant) a pris la plume pour stigmatiser nommément les publications visées et leurs responsables, coupables de "sensationnalisme outrancier et falsificateur". L’hebdomadaire arabophone Asdae (Echos, indépendant) dénonce de son côté "un véritable complot fomenté contre le Maroc" visant à "frapper l’institution monarchique qui fait l’unité et la force du pays". Aucune protestation ou réaction officielle, que ce soit en provenance du Palais royal ou du gouvernement, n’a été rendue publique après la publication des articles qui avaient paru franchir les traditionnelles "lignes rouges" de la presse marocaine.
Agence France Presse 14 - 01 - 2005
Assassinat Hydara : manifestation à Washington en présence de son fils
Une trentaine de personnes, dont l’un des fils du journaliste assassiné Deida Hydara, ont manifesté vendredi devant l’ambassade de Gambie à Washington pour dénoncer l’absence de liberté d’expression dans ce pays d’Afrique de l’Ouest. Ismaila Hydara, 25 ans, qui vit aux Etats-Unis depuis quatre ans, s’est rendu à l’ambassade pour demander des explications sur l’assassinat à la mi-décembre de son père, qui était journaliste de la revue "The Point", correspondant de l’Agence France-Presse (AFP) ainsi que de Reporters sans frontières (RSF) dans ce pays. "Je voulais surtout leur faire savoir que nous étions concernés par ce qui se passe dans le pays", a-t-il expliqué à l’AFP à l’issue de sa rencontre. "Des gens se font tuer inutilement, des journalistes sont menacés, des hommes politiques aussi". Il a peu d’espoir que l’enquête sur la mort de son père puisse aboutir. "Ils ne vont rien trouver. Le gouvernement est responsable de la mort de mon père, il avait reçu des menaces de manière répétée", a-t-il affirmé. "Ils essayent d’accuser des gens qui n’ont rien à voir avec cela, qui ne sont au courant de rien", a-t-il encore ajouté, faisant référence aux quatre employés de "The Point" entendus la semaine dernière et notamment Pap Saine, co-fondateur avec son père de ce tri-hebdomadaire. "Cela n’a absolument aucun sens", a-t-il commenté. Deida Hydara, 58 ans, a été abattu dans sa voiture à Banjul alors qu’il reconduisait chez elles deux employées de son journal.
Agence France Presse 14 - 01 - 2005
Polémique après le retrait par Pékin de visas à des journalistes canadiens
Le Premier ministre canadien Paul Martin a demandé des explications à la Chine vendredi après le retrait par Pékin de visas d’entrée en Chine qui avaient été accordés à deux journalistes canadiens chargés de couvrir sa visite en Chine la semaine prochaine. Les deux journalistes, David Ien et Danielle Zhu qui font partie de la chaîne de télévision en chinois New Tang Dynasty TV (NTDTV), devaient rejoindre au Japon le groupe de journalistes qui suit le voyage de M. Martin en Asie, pour se rendre en Chine la semaine prochaine. Mais leurs visas, délivrés par l’ambassade de Chine à Ottawa, ont été annulés, a déclaré le président de la chaîne Joe Wang à l’AFP. "C’est pour nous une question qui est très sérieuse, la liberté d’expression et la liberté de presse (font partie) de nos valeurs", a déclaré à la presse le Premier ministre canadien. "On a fait des démarches auprès de l’ambassade de Chine à Ottawa, notre ambassadeur a fait des démarches en Chine auprès du gouvernement, et nous allons continuer de faire pression sur le gouvernement pour que ces journalistes puissent avoir l’occasion de nous accompagner sur cette mission", a-t-il ajouté avant de partir pour un voyage à travers cinq pays d’Asie. M. Martin doit renconter le président Hu Jintao et le Premier ministre Wan Jiabao durant sa visite en Chine du 20 au 23 janvier, visite largement consacrée à l’amélioration des relations commerciales entre Ottawa et Pékin. "Nous n’avons aucune explication officielle", a déclaré pour sa part M. Wang, mais la Chine n’aime pas la chaîne de télévision et sa couverture de sujets comme les droits de l’homme, selon lui. "Ce n’est pas un secret", a-t-il ajouté. En 1998, la Chine avait refusé un visa d’entrée à trois journalistes de Radio Free Asia qui devaient accompagner Bill Clinton en Chine.
Agence France Presse 14 - 01 - 2005
Les journalistes nigérians appellent à boycotter les activités de la police
L’Union des journalistes du Nigeria (NUJ) a demandé à ses membres vendredi de boycotter les activités organisées par la police après que des journalistes eurent été frappés par des policiers la semaine dernière. "Nous avons ordonné à tous nos membres à travers le pays de boycotter la couverture de toutes les activités de la police jusqu’à nouvel ordre", a déclaré à l’AFP le secrétaire national adjoint de la NUJ, Olu Akinboyewa. "Nous avons également porté plainte et serons au tribunal la semaine prochaine contre l’action de la police", a-t-il ajouté. Des policiers chargés de la sécurité d’une réunion du comité national exécutif du Parti démocratique du Peuple (PDP, parti présidentiel) le 4 janvier à Abuja, avaient molestés deux journalistes nigérians et cassé les appareils photos de cinq autres. La NUJ a vivement condamné cette action et demandé des excuses à la police, ainsi que le remplacement du matériel endommagé. "Grâce à notre démarche devant les tribunaux, nous voulons faire pression pour que les policiers responsables de cette attaque contre des journalistes qui étaient en service, soient punis", a souligné M. Akinboyewa. De son côté, le porte-parole de la police nigériane, Chris Olakpe, a indiqué à l’AFP vendredi que l’institution s’était formellement excusée pour cet incident auprès de la NUJ et qu’il prévoyait une rencontre lundi prochain avec des responsables de l’association des journalistes sur cette question.
Agence France Presse 14 - 01 - 2005
Élections : les journalistes inquiets du "danger de confrontation" en RCA
L’Union des journalistes de Centrafriques’est inquiété vendredi, dans un communiqué, du "danger de confrontation qui plane en République centrafricaine" (RCA) à un mois des élections après l’invalidation de plusieurs candidats. "Depuis l’arrêt de la Cour constitutionnelle du 30 décembre 2OO4, l’atmosphère sociopolitique s’est considérablement dégradée en République centrafricaine", indique le texte signé par le président de l’UJCA Maka Gbossokotto, ajoutant qu’elle s’est encore accentuée "par l’invalidation en masse des dossiers des candidats aux élections législatives". "Cette tension perceptible prend des proportions de plus en plus inquiétantes avec des déclarations incendiaires et une guerre des communiqués de presse qui attisent la haine et prônent la violence", poursuit M. Gbossokotto, qui appelle à la "modération" et au "dialogue". L’UJCA "invite enfin avec force le président de la République à accélérer la mise en place du Haut conseil national de la Communication, seul organe susceptible de réguler et de moraliser les interventions incendiaires des protagonistes de cette crise". La Centrafrique traverse depuis deux semaines une crise politique après la décision de la Cour constitutionnelle de transition d’invalider sept des douze candidats à la présidentielle. Ces "recalés" dénoncent également le rejet par la Commission électorale mixte indépendante (Cémi) "d’un nombre considérable de candidats" aux législatives prévues, comme la présidentielle, le 13 février dans ce pays pauvre et enclavé d’Afrique centrale.
Agence France Presse 14 - 01 - 2005
Al-Jazira s’inquiète de la santé du journaliste Tayssir Allouni
La chaîne qatariote Al-Jazira a indiqué jeudi qu’elle s’inquiétait de la santé de son journaliste vedette Tayssir Allouni, inculpé en Espagne d’appartenance au réseau terroriste Al-Qaïda et placé en novembre 2004 en détention préventive. "L’état de santé d’Allouni est en train de se détériorer, d’après ce qu’il a dit à son épouse par téléphone (...), il passe 20 heures par jour dans une petite cellule", a affirmé la chaîne satellitaire dans un communiqué. La chaîne de télévision a indiqué que "l’épouse et l’avocat d’Allouni avaient demandé à ce qu’il puisse avoir accès à un cardiologue, en raison de problèmes cardiaques et de douleurs au dos dont il souffre depuis un certain temps. Ces problèmes s’aggravent et peuvent entraîner des complications". Le journaliste fait partie d’un groupe de 41 personnes inculpées par le juge espagnol Baltasar Garzon de liens avec Al-Qaïda ou d’appartenance à ce réseau terroriste, avec pour certaines -au nombre desquelles ne figure pas le journaliste- une implication directe dans la préparation des attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis. Espagnol d’origine syrienne, M. Allouni avait été arrêté une première fois en septembre 2003 à son domicile de Grenade (Andalousie, sud) et remis en liberté un mois plus tard pour raisons de santé. Il a été arrêté une seconde fois et placé en détention préventive le 19 novembre. Le journaliste d’Al-Jazira s’était rendu célèbre par son interview d’Oussama ben Laden après les attentats du 11 septembre 2001 et sa couverture de la campagne américano-britannique en Afghanistan à l’automne 2001, à partir de Kaboul.
Agence France Presse 13 - 01 - 2005 |