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La police nigérienne a saisi lundi soir à Niamey tous les exemplaires de l’hebdomadaire privé Le Témoin qui devait paraître mardi, jour de l’investiture du président réélu, Mamadou Tandja, a annoncé mercredi à l’AFP un haut responsable de la police. "Le journal devait paraître le jour d’un événement et pouvait donner mauvaise presse pour le Niger", a déclaré ce responsable sous couvert de l’anonymat. Le directeur de publication de l’hebdomadaire, Ibrahim Soumana Gaoh, a précisé que "la police avait fait irruption lundi soir dans l’imprimerie à Niamey et saisi 1.000 exemplaires déjà tirés, les plaques (d’imprimerie) et les films du journal". Selon lui, cette saisie serait liée à la publication "des interviews et des photos" de trois gendarmes et d’un militaire otages depuis au moins cinq mois d’un groupe d’ex-rebelles touaregs dans le nord du pays. "Il n’y avait rien de grave dans les articles incriminés. Il s’agit simplement d’informations générales, où les quatre otages confirment qu’ils sont vivants, mangent et dorment avec les rebelles et veulent juste regagner leur famille", a ajouté M. Gaoh. Depuis juillet dernier, un groupe d’hommes se présentant comme des ex-combattants touaregs revendiquent des attaques signalées sur les axes routiers du nord, au cours desquelles ils ont enlevé trois gendarmes et un soldat. Les autorités ont démenti l’existence d’une rébellion et imputé ces attaques à des "bandits armés" qui écument la région depuis la fin du conflit touareg, qui a duré de 1991 à 1995. "On pensait que la liberté de la presse était en train d’être acquise au Niger (...), mais il y a toujours une volonté manifeste de censurer les journaux", a déploré le directeur de publication du Témoin. Mi-août, le correspondant au Niger de RFI et directeur de la radio privée Saraounya FM, Moussa Kaka, avait été gardé à vue pendant quatre jours après la diffusion par Saraounya FM d’un entretien du frère d’un ex-ministre incarcéré pour "complicité de meurtre". Mamadou Tandja a été investi mardi pour un second mandat de cinq ans en présence de six chefs d’États africains.
Agence France-Presse 22 - 12 - 2004
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