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Le métier de député est-il devenu aussi dangeureux que celui d’opposant ? Ce qui vient de se passer pendant ce mémorable jour du 12 avril 2005 prouve, encore une fois, la vulnérabilite des Institutions de la Tunisie face aux menaces globales qui obscurcissent les horizons de notre avenir radieux. " J’ai senti mon sang se glacer dans mes veines" déclare un député du PUP encore sous le choc. Le Président du Parlement, traité à la clinique Al-Razi pour choc post-traumatique, n’en revient pas. " Les représentants de la nation viennent de vivre un cauchemar, un véritable film d’horreur !" dit-il d’une voix tremblante. Le ministre de l’Intérieur, traumatisé lui aussi, est catégorique : "Sans la vigilance des forces de l’ordre, nous serions aujourd’hui sous un autre régime. On ne parlemente pas avec les terroristes !"
Un individu imprévisible mais connu des services de sécurité a osé imaginer l’inimaginable : la prise de la Chambre des Députés par la force ! Seule l’imagination morbide de Taieb Smati, ce "Don Quichotte tunisien", pouvait acoucher d’un scénario aussi diabolique. Heureusement, la Tunisie n’est pas l’Espagne. En effet, dès les premières heures du 12 avril 2005 tous les services du ministère de l’Intérieur étaient sur le pied de guerre : Alerte générale à la base de la Garde Nationale de l’Aouina, salle des opérations du Ministére en état d’alerte maximale, rappel urgent des réservistes des Services Spéciaux et de la Brigade d’Intervention Rapide de la police, parachutage de dizaines d’agents de la brigade anti-terroriste sur la ville du Bardo, occupation du toit de la Chambre des députés par des tireurs d’élite.
En outre, pendant la nuit du 11 au 12 avril 2005, le général Ariel Sharon avait appelé son ami Ben Ali pour lui offrir son aide en cas de besoin. Il l’avait informé qu’un commando israélien était prêt à neutraliser le terrorriste Smati si ce dernier reussissait à mettre en déroute les forces de securité tunisiennes.
Au Bardo l’atmosphère était extrêmement tendue. Les députés de la nation, terrororisés et conscients du danger terroriste imminent, se sont terrés dès le matin dans les sous-sols du parlement. Toutes les issues étaient hermétiquement fermées et gardées par des policiers en tenue de combat, armés jusqu’aux dents.
"On dirait un film d’action" a déclaré, ravi, un policier politique chargé de la poursuite du terroriste. En effet, à la surprise générale, Taieb Smati saute du métro à l’avant-dernière station ! Pendant ce moment de flottement, un officier de la Police Politique, saisi par une crise de panique, demande des renforts à la base de l’Aouina. Le commandant de cette dernière envoie sur le champs des dizaines de blindés et de transports de troupe.
Taieb Smati, profitant de l’effet de surprise et de la déroute des forces de sécurité, fonce comme un char d’assault sur le Parlement. Il réussit sans difficulté à ouvrir une brèche dans la première ligne de défense. La deuxième ligne de défense est brisée en moins de deux minutes. Et ainsi de suite. Seule la septième et et dernière ligne renforcée résiste heroïquement à l’attaque jusqu’à l’arrivée des renforts.
Sans l’intervention ultra-rapide de la brigade d’intervention rapide, la République de Demain serait aujourd’hui la République d’hier...
Ouf ! |