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Carrrière politique de trente minutes
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| « Notre système solaire n’est q’un grain de sable d’une très belle plage appelée la Voie Lactée. Notre galaxie n’est qu’une poussière à l’echelle de l’Univers. Et ce dernier a une ifinité de "frères et surs" : les univers parallèles. » |
La plage de Hergla a perdu sa virginité et sa splendeur depuis longtemps. Pourtant, comparée à la plage Boujaâfar de Sousse, elle pourait être considérée comme une des rares "perles du Sahel". C’est cette plage, convoitée aujourd’hui par les rapaces du tourisme tunisien, qu’a choisie une famille tunisienne - au sens large du mot famille - pour passer quelques semaines de vacances pendant le mois de juillet 2004.
Cette famille, composée de trois generations, est en train de profiter, à l’instar des 4 millions de touristes qui visitent chaque année cette oasis de paix et de sécurité, d’agréables moment de détente et de sérenité.
Le chef de cette famille, un paisible retraité de l’armée tunisienne, prend une petite sieste sous un parasol de couleur mauve. Mais son sommeil est perturbé par le bruit d’un chantier situé à une vingtaine de mètres du bord de l’eau. Un enième hôtel est en train de pousser comme un champignon. Déja à ce stade, le payasage est défiguré. Mais la contribution de l’hôtel à l’effort national de pollution viendra plus tard, dans quelques mois.
L’ex-colonel ouvre les yeux et crache en direction du chantier. Sa bouche s’ouvre pour proférer une obscénité mais il se ravise au dernier moment, car Sanaa, sa petite-fille, n’est pas loin du parasol. Elle est en train de construire un chateau de sable. Le grand-père se tourne vers Sanaa et lui dit :
« Tu vois comme c’est moche ? Ah si j’étais président de la République ! J’interdirais la construction de nouveaux hôtels.
« Tu sais, grand-père, j’ai rêvé hier que tu étais président et je voyais tes portraits partout.
Le grand-père écalte de rire puis il s’allonge à côté du palais de sable de Sanaa, remet ses lunettes solaires et commence a rêver les yeux ouverts...
Il était peu probable que ce colonel devinsse un jour président ou même ministre. Sa carriere politique a duré en tout et pour tout trente minutes !
Il faut faire un flash-back de vingt-six ans en arrière pour assister à cet étrange épisode de sa vie.
Le premier ministre de l’époque, Hédi Nouira le convoque à son bureau :
« Combien de temps vous faut-il pour vous mettre en civil ? » Une demi-heure plus tard, le colonel a revêtu un complet veston.
A peine son patron, Hédi Nouira, l’a-t-il invité a s’asseoir pour discuter de ses nouvelles tâches de direceur de la Sûreté nationale, le téléphone sonne. C’est le "big boss", Bourguiba en personne, qui est au bout de fil.
« Monsieur Nouira, je ne veux pas de militaires dans mon gouvernement. C’est clair ? »
« Mais, Si Lahbib, le colonel Ben Ali est déjà en civil ! »
« Je m’en fous, Si el-Hédi ! Il n’a qu’a se rhabiller en militaire. »
« On dit qu’il est compétent dans le domaine des renseignements. Nous devons l’essayer d’abord, non ? »
« Non. Il n’en est pas question. Le dossier est clos, Si el-Hédi. Qu’il retourne à ses casernes ! »
« A vos ordres, Monsieur le président ! »
« Avant de raccrocher, je voudrais vous dire une chose : Si après ma mort, tu fais rentrer Ben Ali au gouvernement, tu risques d’avoir des surprises ! » |
Omar Khayyâm 11-12-2004 |
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