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En feuilletant le brouillon du volumineux rapport de la Cour des Comptes, je suis tombé sur un chapitre intéressant. Le chapitre s’intitule : "Abdallah Zouari, un fardeau pour le budget de l’Etat". Nos experts-comptables publics ont été horrifiés par les dépenses engagées par l’État tunisien pour protéger un citoyen qui n’avait jamais reçu de menaces de la part de qui que ce soit. En outre Abdallah Zouari n’a jamais demandé à l’Etat de le protéger. Combien coûte la sécurité personnelle de ce citoyen qui a certes des adversaires politiques mais aucun ennemi ? D’après les calculs détaillés au millime près, Abdallah Zouari coûte à l’État tunisien 26.711 dinars 870 millimes dinars par an ! Les vérificateurs des dépenses de la Nation ont eu recours aux méthodes de la comptabilité analytique pour affiner leurs calculs des coûts : frais de personnel calculés en fonction des émoluments annuels des policiers en charge de Zouari, corrigés par le temps de travail consacré à d’autres tâches, amortissement linéaire du Toyota utilisé par ces mêmes agents, coût du carburant pondéré en fonction des fluctuations du marché mondial des produits pétroliers raffinés, dépenses indirectes (soins médicaux, médicaments etc.) des trois agents chargés de veiller à la sécurité de ce journaliste au chômage, allocations sociales et familiales rattachées aux fonctions, etc. A la fin du chapitre, la Cour des Comptes recommande à l’État de "délocaliser" l’entreprise sécuritaire autour de Monsieur Zouari. Il suggère son transfert au Tchad où les coûts de main-d’uvre sécuritaire défient toute concurrence. La suggestion est très séduisante du point de vue économique, mais qu’en pense un journaliste comme Zouhair Yahyaoui qui au lieu de faire le voyage Tunis - Sfax - Zarzis devrait faire le voyage Tunis - Sfax - Remada - Ghadamès - Ndjamena ? |