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 Le Franco-algérien Djamel Beghal, chef présumé d’une cellule islamiste radicale, comparaitra à partir de lundi devant la 10ème chambre correctionnelle du tribunal de grande instance de Paris avec cinq autres hommes, tous prévenus d’avoir préparé ou aidé à préparer un attentat contre des intérêts américains en France. Les six hommes, dont Kamel Daoudi, informaticien algérien, présenté comme un autre pilier du groupe, sont renvoyés devant ce tribunal pour "association de malfaiteurs en vue de préparer des actes de terrorisme". Ils projetaient, selon l’accusation, un attentat contre l’ambassade des Etats-Unis à Paris. Deux autres proches du groupe sont jugés seulement pour "séjour irrégulier". Le procès est prévu pour durer jusqu’au 16 février. Déjà connu des services spécialisés comme la Direction de la surveillance du territoire (DST, contre-espionnage), Djamel Beghal a été arrêté en juillet 2001 à l’aéroport de Dubaï en possession d’un passeport falsifié. Devant les enquêteurs émiratis, le 22 septembre, il a évoqué son implication dans un projet d’attentat contre la représentation américaine à Paris. Dans cette déposition circonstanciée, Beghal mentionne deux réunions courant mars 2001 dans un camp d’entraînement en Afghanistan au cours desquelles Abou Zoubeida, un lieutenant du chef du réseau terroriste Al-Qaïda Oussama ben Laden, lui aurait indiqué que le temps de l’action était venu et qu’il devait mettre sur pied une cellule pour frapper l’ambassade des Etats-Unis à Paris. Extradé quelques jours plus tard en France, et entendu dès le 1er octobre par le juge antiterroriste Jean-Louis Bruguière, Djamel Beghal est revenu sur ses déclarations et a nié toute implication dans la préparation d’un attentat. Pour expliquer ce revirement, Beghal a affirmé avoir été victime de mauvais traitements - isolement, interdiction d’entrer en contact avec qui que ce soit, violences physiques, pressions psychologiques - lorsqu’il a été interrogé par les enquêteurs des Emirats arabes unis. Djamel Beghal, aujourd’hui âgé de 39 ans, encourt dix ans d’emprisonnement, tout comme les cinq autres prévenus. L’essentiel du réseau Beghal, tel qu’il a été démantelé lors de l’enquête, était basé à Corbeil-Essonnes (Essonne), là où vivait Djamel Beghal avant qu’il ne parte pour l’Angleterre, puis l’Allemagne avant de rejoindre le Pakistan et les camps d’entraînement d’Al-Qaida en Afghanistan. Les autres prévenus, dont Kamel Daoudi, interpellé après une courte fuite en Angleterre, ou Nabil Bounour, y sont aperçus lors de surveillances opérées après l’arrestation de Beghal. Beghal est considéré comme le "chef opérationnel" d’une cellule française ayant des ramifications en Angleterre, en Belgique, en Espagne, aux Pays-Bas, et en Allemagne. Au lendemain du 11 septembre 2001, des coups de filets antiterroristes un peu partout en Europe avaient permis l’arrestation du Tunisien Nizar Trabelsi, un ancien footballeur professionnel, et proche de Beghal, condamné depuis à dix ans de prison en Belgique pour un projet d’attentat. Le même jour, quatre personnes étaient arrêtées aux Pays-Bas, notamment le Français Jérôme Courtailler, dont les liens avec Trabelsi et des membres du groupe Beghal ont été mis en évidence. Il a été condamné à six ans de prison à La Haye, la peine maximale, pour participation a une organisation criminelle nationale ou internationale liée à une entreprise terroriste.
Agence France-Presse Paris - 03 - 01 - 2005
Un projet d’attentat contre l’ambassade américaine jugé lundi
Djamel Beghal et cinq autres islamistes présumés, soupçonnés d’avoir préparé en 2001 un attentat contre l’ambassade des États-Unis en France, sont jugés à partir de lundi devant le tribunal correctionnel de Paris. Ils encourent jusqu’à dix ans de prison pour "association de malfaiteurs en vue de commettre un acte de terrorisme". Deux autres personnes seront jugées à leurs côtés pour séjour irrégulier en France. Le procès doit se prolonger jusqu’à la mi-février. Arrêté en juillet 2001 aux Émirats arabes unis, Djamel Beghal, un Franco-Algérien aujourd’hui âgé de 38 ans, avait déclaré à la police locale que son groupe se préparait à commettre un attentat-suicide contre l’ambassade des États-Unis à Paris. Livré à la France après les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis, il a alors affirmé que ces déclarations lui avaient été extorquées sous la torture. Depuis, il clame son innocence, tout comme les cinq autres protagonistes. Fait établi, Djamel Beghal s’est rendu dans des camps islamistes à Djalalabad (Afghanistan) en novembre 2000 où, selon ses premières déclarations, il a rencontré un adjoint d’Oussama ben Laden, Abou Zoubeïda, capturé par les Américains en mars 2002 au Pakistan. Le projet d’attentat-suicide à Paris aurait été mis au point et approuvé par Abou Zoubeïda. Le candidat-kamikaze aurait été Nizar Trabelsi, un ancien footballeur professionnel tunisien qui aurait rencontré Oussama ben Laden en personne. Selon l’accusation, Nizar Trabelsi devait s’introduire à l’ambassade des États-Unis à Paris en portant sur lui une ceinture d’explosifs. Arrêté en septembre 2001 en Belgique, Nizar Trabelsi y a été condamné à dix ans de prison fin 2003. Des armes, des composants d’explosifs et des formules chimiques ont été saisis chez lui. A son procès, il a reconnu qu’il projetait bien un attentat, mais selon lui contre une base militaire en Belgique.
Des islamistes recrutés dans l’Essonne
L’autre membre principal du groupe serait Kamel Daoudi, arrêté en Angleterre fin septembre 2001 et livré à la justice française. Informaticien de formation, il est soupçonné d’avoir assuré la logistique et les communications du groupe. En septembre 2002, Daoudi a écrit de sa cellule à une chaîne de télévision française pour justifier les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis mais nier toute implication personnelle dans un projet d’attentat. "Notre religion applique la loi du talion agrémentée de miséricorde mais on ne peut pas avoir de miséricorde pour ceux qui occupent et profanent les lieux saints de l’islam", écrivait-il. Selon l’accusation, Djemel Beghal aurait recruté, au moins à partir de 1999, les membres de son réseau dans l’Essonne, dans les banlieues où il a vécu, enrôlant même son propre beau-frère, Johann Bonte, également renvoyé devant le tribunal. Il aurait eu des liens avec l’imam radical de Londres Abou Qatada, considéré comme l’un des "correspondants" d’Oussama ben Laden en Europe. Djamel Beghal aurait également fondé une cellule activiste aux Pays-Bas. En juin dernier, une cour d’appel néerlandaise a condamné quatre membres de cette cellule, dont un Français, Jérôme Courtailler, qui a été sanctionné de six ans de prison ferme. A Paris, l’accusation s’appuie notamment sur les dépositions de l’épouse de Djamel Beghal et de Nizar Trabelsi, qui accréditent l’idée que le groupe préparait bien une action violente. Sylvie Beghal, extradée d’Iran qu’elle avait gagné en 2002 depuis l’Afghanistan, a évoqué devant les magistrats français les préparatifs de l’attentat lors des séjours dans les camps d’Oussama ben Laden. Djamel Beghal devrait être interrogé durant l’audience sur ses liens supposés avec plusieurs figures de l’islam radical, notamment l’intellectuel islamiste Tarik Ramadan, dont il aurait suivi les enseignements en Suisse en 1994.
Reuters - Paris 02 - 01 - 2005 |