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 La campagne pour les élections présidentielle et législatives du 24 octobre a débuté dimanche en Tunisie, par un discours du président-candidat Zine El Abidine Ben Ali lors d’un meeting à Tunis et les premiers rassemblements de l’opposition, a constaté l’AFP. Devant quelque 20.000 personnes, M. Ben Ali a affirmé que les prochaines élections se feraient "dans la transparence et la démocratie", vivement acclamé par les militants de son parti brandissant son portrait et agitant des drapeaux. Le président-sortant a dressé un tableau largement positif depuis son arrivée au pouvoir en 1987, après qu’il eût écarté le premier président de la Tunisie indépendante, Habib Bourguiba, pour cause de "sénilité". Le président Ben Ali assuré de sa réélection à un large score, a passé en revue son programme d’action futur en 21 points pour "la Tunisie de demain", au premier rang desquels figure l’emploi. La Tunisie va connaître la deuxième élection présidentielle pluraliste de son histoire, et le président sortant Ben Ali a, face à lui, trois membres de l’opposition parlementaire reconnue par le pouvoir. Il s’agit de Mohamed Bouchiha, du Parti de l’Unité Populaire 7 députés), Mounir El Beji, du Parti social libéral (PSL, 2 députés) et Mohamed Ali Halouani d’Ettajdid (ex-communiste, 5 députés). M. Ben Ali, au pouvoir depuis 17 ans, est candidat à sa réélection pour un quatrième mandat de cinq ans, rendu possible par amendement à la Constitution approuvé par un référendum mais contesté par une partie de l’opposition. A la dernière consultation de 1999, il avait été reconduit par 99,44% des voix et son parti, le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD) dispose d’une majorité écrasante au Parlement (148 députés sur 182). Dimanche, toutes les villes et villages de Tunisie étaient pavoisés de drapeaux rouges avec croissant et étoile blanche, le rouge étant également la couleur du parti de M. Ben Ali. Face au parti au pouvoir -dont le siège, une tour imposante à Tunis, est à l’image de sa toute puissance-, les partis d’opposition tenteront de faire entendre leurs voix. Pour la présidentielle, le Mouvement des démocrates socialistesdéputés) et l’Union démocratique unioniste (UDU, 7 députés) ont appelé à voter pour le président sortant. Deux partis légaux mais sans siège au Parlement ont décidé le boycott de la présidentielle : le Parti démocratique progressiste (PDP) et le Forum démocratique pour le travail et les libertés (FDTL). S’agissant des législatives, les électeurs auront le choix entre les listes du RCD au pouvoir, celles des sept partis d’opposition reconnus et de sept listes "indépendantes". D’ores et déjà, deux partis se sont plaints dimanche du blocage de leurs manifestes électoraux. "Cela constitue une entrave au démarrage de la campagne", a affirmé un communiqué de l’Initiative démocratique (ID) qui appuie le candidat à la présidence Mohamed Ali Halouani. Le PDP, qui se présente uniquement aux législatives, a également protesté contre la censure de son manifeste, et affirmant craindre une "campagne muette". Quelque 4,6 millions d’inscrits sont appelés à voter et des espaces sont réservés tant aux candidats à la présidentielle qu’aux listes législatives, par par affichage urbain et dans les médias. Dimanche à Tunis, les espaces destinés à l’affichage n’étaient pas encore tous pourvus. L’ensemble des journaux tunisiens ont consacré dimanche leurs manchettes et éditoriaux à l’ouverture de la campagne, à l’instar du Renouveau, organe du RCD, au pouvoir, qui a sorti un supplément en anglais pour la circonstance. Un "Observatoire national des élections" présidé par Me Abdelwahab Béhi, ancien bâtonnier, a été mis en place pour surveiller le déroulement des scrutins et des observateurs étrangers devraient également être présents. La campagne électorale s’achèvera le 22 octobre et se déroulera en partie durant le ramadan, mois de jeûne musulman commençant cette semaine.
Agence France-Presse 10 - 10 - 2004 |