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TUNIS (AP) - Les autorités tunisiennes ont qualifié vendredi de "coup d’éclat médiatique" le retrait des élections législatives annoncé la veille par un parti d’opposition.
En lice pour les élections législatives prévues dimanche en Tunisie, les dirigeants du parti démocratique progressiste (PDP), ont justifié cette décision par une "accumulation de violations et de pressions" durant la campagne électorale.
Un membre du bureau politique de cette formation, Rachid Khéchana, a évoqué la saisie de la plate-forme électorale jugée non conforme aux dispositions de la loi. Il s’est plaint aussi de la censure d’une intervention du représentant du PDP prévue jeudi à la télévision.
Il a, par ailleurs, fait état de "pressions" qu’aurait exercée les autorités tunisiennes sur la chaîne satellitaire arabe Al-Jazira pour annuler, selon lui, deux interventions du PDP programmées lundi et mardi derniers.
Un communiqué officiel transmis à l’Associated Press soutient qu’"il s’agit là de manoeuvres dilatoires et d’allégations fallacieuses ne reposant sur aucun fondement".
Les autorités assurent que le PDP, dirigé par l’avocat Néjib Chebbi, "bénéficie comme les six autres partis politiques participants aux législatives, de tous les moyens prévus par la loi dans le cadre de sa campagne. Ses candidats ont eu accès à la radio et à la télévision publiques et ont tenu leurs meetings normalement".
Les élections législatives, qui auront lieu en même temps que la présidentielle, visent à pourvoir 189 sièges que comptera le nouveau parlement, contre 182 auparavant. Le parti au pouvoir, le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD) qui domine la scène politique, est en principe assuré de remporter les 80% de sièges que lui autorise le code électoral. Les cinq partis d’opposition qui restent en lice se partageront les 20% restants. AP
bb/sb - vendredi 22 octobre 2004, 18h52
Démenti des autorités sur des "pressions" contre un parti d’opposition
TUNIS, 22 oct (AFP) - Les autorités tunisiennes ont démenti vendredi à Tunis que des "violations et pressions" aient été exercées contre le Parti démocratique progressiste (PDP, opposition légale).
Le chef de ce parti, Ahmed Néjib Chebbi, avait annoncé jeudi le retrait de sa formation des élections de dimanche pour protester contre "une accumulation de violations et pressions" durant la campagne électorale, citant notamment la saisie de leur manifeste électoral.
De source officielle, on qualifie les accusations de M. Chebbi de "manoeuvres dilatoires et d’allégations fallacieuses sans fondement".
"Le parti de M. Chebbi a bénéficié, comme les six autres partis politiques participant aux législatives, de tous les moyens prévus par la loi dans le cadre de sa campagne", indique-t-on de même source.
"Ses candidats ont eu accès à la radio et à la télévision publiqueils ont tenu leurs meetings normalement comme le prévoit la loi et ils ont été couverts par les médias".
"Le PDP avait accepté de modifier son manifeste électoral pour le mettre en conformité avec la loi électorale, mais il s’est rétracté de façon impromptue et inexplicable", précise-t-on de source officiel.
"Nous avons refusé un marchandage politique et nous avons décidé de garder notre manifeste car il n’y avait pas de motif légal pour le confisquer", a indiqué vendredi M. Chebbi lors d’une conférence de presse à Tunis.
Il s’est plaint en outre du rejet "sous des prétextes fallacieux" de cinq listes parmi les 21 présentées par le PDP et de "la confiscation" de sa couleur distinctive (jaune) au profit d’une formation proche du pouvoir.
"Notre droit de parler aux médias a été confisqué", a ajouté M. Chebbi, dénonçant "le monopole excercé par le parti au pouvoir sur la presse et l’administration" en Tunisie.
Le retrait de M. Chebbi "s’apparente à un coup d’éclat médiatique, mais ne change rien à la suite du processus électoral en cours", estime-t-on de source officielle, ajoutant que les listes du PDP seront soumises au vote dimanche.
Sans siège au Parlement, le PDP avait déjà annoncé qu’il boycottait l’élection présidentielle.
Sa formation fait partie d’une alliance hostile à l’amendement de la Constitution ayant autorisé le président Zine El Abidine Ben Ali, au pouvoir depuis 1987, de postuler à un quatrième mandat. |