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 Mohamed Ali Halouani, candidat à l’élection présidentielle de dimanche prochain en Tunisie, se présente comme "un vrai concurrent" avec un discours critique à l’égard du régime du président Zine El Abidine Ben Ali, au pouvoir depuis 17 ans. Sans illusion sur la portée du scrutin, il a pour objectif de créer une brèche dans un système politique verrouillé et souhaite rompre avec le pluralisme de façade et "la participation-décor". Président du conseil national d’Ettajdid (5 sièges au parlement), M. Halouani, 57 ans, s’est jeté dans l’arène électorale sous l’étiquette de son parti ? fort de l’appui de personnalités indépendantes de gauche au sein de "l’Initiative démocratique". Originaire de la ville industrielle de Sfax (sud), sorti docteur en philosophie de la Sorbonne à Paris, il enseigne actuellement à la Faculté des Lettres de sa ville natale. Après avoir fait ses premières armes comme militant à l’Union générale des étudiants tunisiens (UGET), il milite à l’Union générale tunisienne du travail (UGTT, centrale syndicale) et à la Ligue tunisienne des droits de l’Homme (LTDH). Il contribue au début des années 90 à la fondation du parti Ettajdid, sur les vestiges de l’ancien Parti communiste tunisien (PCT). Peu connu en dehors des cercles politiques et universitaires, l’homme de forte carrure, cheveux et moustache blancs, est marié à une enseignante en philosophie et père de deux grands garçons. Les électeurs ont découvert son portrait sur les affiches bleues de son parti -il a la réputation auprès de ses proches d’être loyal, courtois et ouvert au dialogue-, mais son manifeste électoral, jugé trop critique, a été censuré. Longtemps fondu dans le consensus parlementaire favorable au président Ben Ali, Ettajdid a pris des distances ces deux dernières années, avant d’engager une campagne critique et un discours inédit : "Je me présente contre le candidat du parti au pouvoir et j’entends m’opposer à lui sans ambiguïté, et cela malgré l’absence de conditions pour une véritable compétition et des élections réellement démocratiques", affirme le candidat Halouani. Son programme prône la séparation entre l’État et le parti au pouvoir du président Ben Ali et une révision de la Constitution, dont un récent amendement "ouvre la voie à une présidence à vie", dit-il. Les libertés d’expression et d’organisation, une amnistie générale en faveur de "tous ceux qui sont condamnés pour leurs opinions", l’égalité "réelle" des sexes et un rapport sans domination entre l’État et la religion constituent les principaux axes du programme de M. Halouani.
Agence France-Presse Tunis - 19 - 10 - 2004 |