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 Zine El Abidine Ben Ali, qui postule pour un quatrième mandat de cinq ans à la présidentielle de dimanche, est le deuxième président de la Tunisie indépendante après Habib Bourguiba, auquel il a succédé il y a dix-sept ans. Il s’est engagé depuis dans une politique dite du "Changement" basée sur la modernisation de l’économie et sur son site officiel pour les élections, il se donne comme but de "hisser la Tunisie au rang des pays développés". Son régime fait néanmoins l’objet de critiques fréquentes de l’opposition, d’ONG internationales et de militants de droits de l’Homme, dénonçant la répression policière, des atteintes aux libertés, un "pluralisme de façade" et une presse muselée. Le pouvoir fait, au contraire, état d’"avancées constantes" dans le domaine de la démocratie, rappelant qu’en 1994 M. Ben Ali a permis l’entrée de l’opposition légale au Parlement. En 1999 a eu lieu la première présidentielle pluraliste qu’il a remportée à 99,44% des suffrages, selon les chiffres officiels. En mai 2002, M. Ben Ali a fait amender par référendum la Constitution tunisienne qui l’autorise aujourd’hui à briguer un quatrième, voire un cinquième quinquennat, les opposants ayant critiqué cette modification, estimant qu’elle "ouvre la voie à une présidence à vie". Son programme en 21 points pour "la Tunisie de demain" est essentiellement économique avec pour priorité la résorption du chômage par l’appui du secteur privé. Né à Hammam-Sousse (centre-est), M. Ben Ali a accédé à la magistrature suprême le 7 novembre 1987 en écartant pour "sénilité" le président défunt Habib Bourguiba, dont il fut le premier ministre et ministre de l’Intérieur. Général d’armée, M. Ben Ali a fait l’école spéciale interarmes de Saint-Cyr et l’École d’artillerie de Châlons-sur-Marne (France), ainsi que l’École Supérieure de renseignement et de sécurité et l’École d’artillerie de campagne anti-aérienne (États-unis). Issu d’une famille modeste, M. Ben Ali jouit d’une popularité certaine dans le monde rural auquel il a fait faire des avancées incontestables. La notion de la solidarité est un axe clé de sa politique sociale et il a poursuivi l’action d’émancipation des femmes initiée par Habib Bourguiba. Ben Ali a commencé sa carrière au sein de l’armée en dirigeant de 1958 à 1974 les services de la sécurité militaire, avant d’être nommé en 1977 directeur général de la sûreté nationale. Secrétaire d’État à la sûreté nationale en octobre 1985, puis ministre de l’intérieur en avril 1986, il devint Premier ministre en octobre 1987, alors que le pays était confronté à l’activisme du mouvement islamiste "Ennahdha", mis hors circuit en 1992. Marié et père de cinq enfants, M. Ben Ali est apparu en pleine forme ces derniers mois malgré des rumeurs sur un mauvais état de santé en 2003. En bon musulman, il a effectué l’an dernier le pèlerinage à la Mecque avec son épouse, Leila, personnalité en vue avec des activités dans le champ social.
Hamida Ben Salah Agence France-Presse Tunis - 19 - 10 - 2004 |