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Dimanche 24 octobre 2004 se tient un nouvel épisode des élections présidentielles et législatives « à la tunisienne ». Une nouvelle épreuve pour le peuple tunisien qui souffre depuis des années sous le poids d’un Etat répressif.
Cet nouvel épisode se déroule alors que des centaines de prisonniers d’opinion croupissent dans les geôles des prisons tunisiennes, des centaines d’autres ex-prisonniers privés de leurs droits les plus élémentaires, des familles et des enfants subissant une politique de vengeance injustifiée, des dizaines de militants de droits de l’homme et de journalistes agressés et interdits de la libre _expression, et des milliers de citoyens muselés.
Les élections de ce dimanche en Tunisie se tiennent également, avec un semblant de démocratisation et de pluralisme. Une soi-disant ouverture démentie par les faits : Les écrans de télévision et les ondes de la radio tunisienne sont mis à la disposition exclusive du parti au pouvoir et de son candidat à la présidence. Les autres candidats comme MM. Mohamed Ali Halouani, Mohamed Bouchiha et Mounir El Béji ne jouissent que d’un espace minime pour leur campagne électorale. Ainsi à trois jours des élections, le parti démocratique progressiste a annoncé le retrait de sa formation des élections de dimanche en Tunisie pour protester contre une accumulation de violations et pressions durant la campagne électorale. Ce parti se plaint d’être bâillonné à l’intérieur du pays et à l’étranger et d’être privé de tous les moyens de contact avec l’opinion publique. Plus grave encore il a été empêché de publier son manifeste électoral.
M. Halouani, candidat du parti Ettajdid et du parti de l’initiative démocratique a accusé, également, la presse tunisienne d’avoir « éclipsé » son initiative, témoignant du peu de temps (5 minute) qui lui a été octroyé pour mener sa campagne sur les écrans de la télévision tunisienne. Chose qui est devenue habituelle depuis des années. Le parti au pouvoir et le président Ben Ali ont la main mise sur les médias et lors des campagnes électorales ceci est d’autant plus apparent.
Plusieurs témoins à l’intérieur du pays font état d’une série de violations de la loi électorale dont nous citons : la manipulation des listes électorales, le rejet de certaines listes de l’opposition, la limitation et le tri des inscriptions des électeurs, le monopole abusif du parti au pouvoir (le rassemblement constitutionnel démocratique) de l’organisation des élections, l’ambiguïté des modalités d’observation du déroulement des élections et le manque de neutralité de l’observatoire national des élections.
Suite à ces violations très alarmantes des droits humains, Vérité-Action constate que ces élections sont en train de se dérouler dans une absence flagrante des principes de la démocratie, du respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales. L’administration est sortie de son impartialité et sert ouvertement les intérêts du parti au pouvoir.
Ainsi à la vielle de ces élections présidentielles et législatives, Vérité-Action appelle les autorités tunisiennes aux respect de la loi électorale, de la liberté de vote et de garantir sa discrétion.
Elle soutient la Ligue tunisiennes des droits de l’Homme dans son appel lancé aux candidats aux élections et les partis politiques pour la promulgation d’une loi d’amnistie générale.
Elle exhorte les organisations et les instances internationales ainsi que le Conseil fédéral suisse et les Etats européens à intervenir auprès du gouvernement tunisien afin que les choix du peuple tunisien soient respectés et de reconnaître son droit à jouir d’une vraie démocratie qui garantie sa liberté d’_expression, sa citoyenneté, sa dignité et sa souveraineté.
Fribourg, le 22 octobre 2004
Pour Vérité-Action
Abdellatif Fakhafakh, Président |