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Les Tunisiens votent dimanche à l’occasion d’élections présidentielle et législatives sans surprise, une partie de l’opposition ayant appelé à boycotter ce scrutin. Au pouvoir depuis 17 ans, le président Zine al-Abidine Ben Ali, 68 ans, est pratiquement assuré d’obtenir sans coup férir un quatrième mandat de cinq ans à la tête de ce petit pays d’Afrique du Nord. Quant au Rassemblement démocratique constitutionnel (RCD), au pouvoir depuis une quarantaine d’années, il devrait lui aussi conserver le contrôle du Parlement. Quelque 4,6 millions de Tunisiens étaient invités à voter pour désigner leur président et renouveler les 189 sièges du Parlement. Le principal parti d’opposition, le Parti démocrate progressiste, a retiré vendredi ses 89 candidats aux législatives en dénonçant à l’avance un "simulacre d’élection". Les organisations de défense des droits de l’homme affirment que la Tunisie, qui enregistre les meilleurs performances économiques au Maghreb, n’a jamais connu d’élection libre depuis son indépendance de la France en 1956. Zine al Abidine Ben Ali, deuxième président de la Tunisie après le "coup d’État médical" d’octobre 1987 qui a mis à l’écart Habib Bourguiba, le "père de l’indépendance", avait gagné son troisième mandat en 1999 avec 99,5% des voix. L’ancien général et ministre de l’Intérieur du "Combattant suprême" a été élu par le passé à trois reprises avec un score supérieur à 99%.
Mauvais message
Malgré les critiques émises par des défenseurs des droits de l’homme en Tunisie et à l’étranger et les préoccupations exprimées par les États-unis sur les projets de réforme, le président Ben Ali demeure un allié de choix dans la lutte contre le terrorisme après avoir écrasé dans l’oeuf la mouvance islamiste radicale dans son pays. La Tunisie, une destination très prisée des voyagistes européens en mal de soleil et d’exotisme, connaît une croissance économique stable avec l’émergence ces dernières années d’une classe moyenne en rapide expansion. Le gouvernement a lui même présenté ces élections, considérées comme un test pour les efforts de l’administration américaine visant à encourager la démocratie au "Grand Moyen-Orient" (GMO), comme une nouvelle étape dans la consolidation de la démocratie en Tunisie. Mais pour des diplomates et des défenseurs des droits de l’homme, un nouveau score de 90% ou plus pour le chef de l’État sortant enverrait un mauvais message à l’étranger. Pour eux, semblable résultat remettrait également en question la politique américaine de consolidation de la démocratie au GMO. Le pouvoir a également rejeté les accusations selon lesquelles les autorités auraient empêché certains candidats de l’opposition de faire campagne, censuré le matériel électoral et restreint l’accès aux électeurs. Les bureaux de vote doivent fermer à 16h30 locales (17h30 heure française), les premiers résultats n’étant pas attendus avant lundi matin.
Reuters -Tunis 24 - 10 - 2004 |