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Les Tunisiens ont voté dimanche lors d’élections générales sans suspense, qualifiées de "mascarade" par certains opposants, où le président sortant Zine El Abidine Ben Ali est assuré de l’emporter et son parti, le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), de conserver une majorité écrasante au Parlement.
En raison du ramadan, les bureaux de vote ont ouvert dès 7H30 localespour fermer à 16H30 locales (15H30 GMT) afin de permettre la rupture du jeûne au coucher du soleil.
Plus de 4,6 millions d’électeurs sont inscrits sur les listes électorales dans les 13.000 bureaux des 26 circonscriptions que compte la Tunisie.
Les autorités faisaient état d’une participation massive avec 86,31% de votants dans tout le pays à 90 minutes de la fin du vote.
Durant toute la matinée, les opérations électorales se sont déroulées dans le calme. Le public était nombreux dans les quartiers périphériques de Tunis, plus fluide dans certains bureaux du centre-ville.
Dans celui de la rue de Marseille, on pouvait voir dès les premières heures de la matinée une majorité de femmes : "Je souhaite venir voter tôt pour être libre ensuite de préparer l’Iftar" (repas du ramadan), déclare l’une d’entre elles.
Certaines disent ne connaître que le président sortant, telle Latifa, 47 ans, mère de six enfants : "Je ne connais que lui, c’est naturel de voter Ben Ali, n’est-il pas notre protecteur ?"
A la sortie du bureau de vote d’El-Menzah, Myriam, pharmacienne, affirme quant à elle voter "par conviction" pour M. Ben Ali et son parti.
Zine El Abidine Ben Ali, au pouvoir depuis 17 ans, après avoir écarté Habib Bourguiba, a voté non loin du palais de Carthage (banlieue nord de Tunis) avec son épouse Leïla.
Il brigue un quatrième mandat de cinq ans rendu possible par un amendement à la Constitution, face à trois opposants, dont le plus sérieux, Mohamed Ali Halouani, du parti Ethajdid (ex-Parti communiste) a voté à Sfax (sud-est), sa ville natale.
Joint par l’AFP, M. Halouani a contesté le taux de participation avancé officiellement, dénonçant des "irrégularités" dans les bureaux de vote.
Sans illusion sur les résultats du scrutin présidentiel - son manifeste électoral a été interdit - il affirme avoir voulu créer une brèche dans le paysage politique verrouillé, et a fini par susciter un engouement dans la mouvance démocratique de gauche.
Il projette désormais de "continuer la lutte pour la démocratie et d’oeuvrer au resserrement des rangs de l’opposition", a-t-il indiqué à l’AFP.
Pour ces deuxièmes élections présidentielles de l’histoire du pays, les deux autres candidats de l’opposition sont proches du pouvoir : Mounir Béji (Parti social libéral - PSL), et Mohamed Bouchiha (Parti de l’unité populaire .
Pour les législatives, les électeurs ont le choix entre 14 listes : celle du RCD, six de l’opposition et sept listes dites indépendantes.
M. Ben Ali devrait être reconduit à un score aussi large que lors de la consultation précédente - 99,44% en 1999 - et son parti remporter 80% des sièges à pourvoir dans la Chambre des députés, à la faveur des dispositions du code électoral.
Durant la campagne qui s’est achevée vendredi 22 octobre, plusieurs partis d’opposition ont dénoncé les mauvaises conditions du scrutin, notamment des pressions visant à les empêcher de faire campagne et le manque d’accès aux médias.
Le Parti démocratique progressiste (PDP) en lice pour les législatives, s’est retiré en fin de campagne, mais ses listes restent néanmoins soumises au vote.
Dans un message à la Nation, à la veille du vote, M. Ben Ali a au contraire affirmé que la campagne s’était déroulée dans un "climat civilisé" et que les candidats "concurrents" avaient pu présenter leurs programmes à la radio-télévision.
Estimant que l’amendement du code électoral "garantit la transparence et la sincérité de l’opération de vote", il a dit que tout avait été fait pour "faciliter la tâche aux observateurs (de la Ligue arabe) venus assister au scrutin".
Les premiers résultats devraient être connus dans la nuit de dimanche à lundi et les chiffres définitifs des deux scrutins de dimanche annoncés lundi par le ministère de l’Intérieur à Tunis.
Agence France-Presse
Tunis - 24 - 10 - 2004 |