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Travailler, dormir, manger, entretenir sa famille, éduquer ses enfants, construire une maison, acheter une voiture, faire l’amour, voir des matchs de foot, passer ses soirées devant la télévision, faire ses prières, croire en Dieu et attendre la mort, tout celà ne constitue que les ingrédients d’une vie banale, presqu’animale et sans intérêt, d’un comportement égoïste et d’une absence totale de réflexion.
Effectivement, se suffir de consommer, dans le sens le plus large de ce concept, dans l’attente de creuver, c’est exactement ce que fait le chameau, l’âne et tout autre animal sans penser ou voiloir participer à l’élaboration d’une vie meilleure pour soi et pour les autres, que celà soit à l’échelle de son propre pays ou à celle de la planète.
Or, ce qui différencie l’homme de l’animal, c’est justement la pensée, la réflexion, l’intélligence pour viser l’idéal, quitte à ne réaliser que le minimum vitale d’une vie digne des êtres humains.
C’est dans ce cadre que donner un sens à son existence s’avère essentiel pour ne pas mourir idiot, sans avoir rien réaliser de fondamental durant sa vie. "L’être humain est un roseau pensant", a écrit Pascal ! Il est aussi fragile qu’un roseau secoué par le vent, mais pensant, capable de transformer le monde, de créer, d’améliorer son existence et celle des autres pour vivre mieux.
Chacun, de la place où il se trouve, de la classe à laquelle il appartient, des connaissances aussi minimes qu’il possède, peut participer à cet effort d’immencipation humaine.
Les citoyens tunisiens ne sont pas obligés de militer tous dans des partis ou autres organisations politiques et syndicales. Mais il est du devoir de chacun d’avoir une conscience permettant la participation à la construction du bien commun et à l’émergence d’une société fraternelle, libre et égalitaire. L’engagement par exemple dans le social, le culturel et le sport pour aider ceux qui se trouvent démunis, seuls et sans moyens, procure pour la personne bénévole satisfaction et fièrté et pour l’être aidé reconnaissance et joie de vivre. Les étudiants et autres enseignants pourraient, chacun dans le quartier où il se trouve, donner des cours de langues et de lecture pour enrayer l’analphabétisme et permettre à une bonne frange du peuple l’accès à la culture et à la connaissance. Des jeunes à travers la République pourraient s’organiser pour rendre visite à des malades, des vieux vivant seuls, des veuves, s’enquérir de leurs problèmes, les aider pour de menus services. D’autres penseraient à aller entrainer des enfants dans les domaines de sport qu’ils pratiquent, leur apprendre à nager, les aider à faire leurs devoirs, pour ceux nombreux dont les parents ne peuvent le faire suite au manque de connaissance, à l’alcoolisme et autres vissisitudes de la vie.
La prise de conscience ne peut pas avoir lieu chez l’ensemble de la population lorsque ses intellectuels ne tissent point de liens avec elle et l’ignore superbement.
Ce qu’on appelle le bénévolat ou le volontariat en Occident et qui consiste à rendre service aux autres membres de la société qui sont dans divers besoins, n’existe presque pas en Tunisie, ou alors se trouve confisqué par le pouvoir et son parti RCD pour l’intégrer à son idéologie et l’utiliser pour son unique profit.
Et c’est peut-être pour celà, en premier lieu, que l’opposition manque de crédibilité et d’intérêt auprès du petit peuple, lui qui a tant besoin qu’on s’occupe de ses problèmes concrêts avant la quête de la démocratie et des droits de l’homme !
Il est nullement question ici de demander aux gens de ne plus s’amuser, de ne plus consommer, de ne plus voir de matchs de footbal,etc... mais de faire remarquer que s’ils ne font que celà et rien d’autre du domaine spirituel (dans le sens philosophique et non religieux) qui leur permet de participer à l’amélioration des conditions d’existence de l’humanité et au moins du pays où ils vivent, alors là, véritablement leur vie naurait eu aucun sens. |