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Les élections municipales se déroulent en trois phases en Arabie saoudite. La première a eu lieu le mois dernier avec une victoire écrasante des candidats conservateurs. La deuxième s’est déroulée jeudi 3 mars tandis que la dernière est programmée pour le mois prochain. Sur 1200 conseillers municipaux, les Saoudiens, plutôt une frange infime d’électeurs, doivent élire 600 conseillers municipaux car les 600 autres seront nommés par les autorités réactionnaires et rétrogrades de Riyad. Il faut d’abord remarquer que les électeurs sont strictement des hommes car les femmes de ce pays n’ont nul droit au chapitre. Sur plus de 8 millions de Saoudiens qui sont à l’âge de voter, seuls quelques centaines de milliers ont été inscrits, en étant triés sur le volet. Ensuite, il faut rappeler que c’est la première fois dans l’histoire du règne absolutiste et corrompu des Ibn Saoud qu’une élection, même ridicule, ait lieu dans ce vaste territoire gorgeant de pétrole mais dont les richesses se trouvent perpétuellement accaparées par la famille royale et ses sept milles princes. Intervenant à la BBC le 26 février dernier, le prince Saoud Al Fayçal, ministre des Affaires étrangères du royaume wahabite, s’est écrié face aux questions dérangeantes des journalistes : "Nous voulons réformer, nous voulons moderniser, alors pour l’amour de Dieu, laissez-nous tranquilles !" On tombe des nus devant de tel mensonge et de pareille hypocrisie ! Un prince qui veut réformer et moderniser, lui dont l’idéologie wahabiste tire son essence des normes les plus rétrogrades et de l’islam le plus rigoriste. A la tête du royaume depuis 1922, les Ibn Saoud n’ont pensé à réformer et moderniser leur société que 83 ans après ! Et puis, au nom de quoi et de qui la famille régnante en Arabie se permet-elle de réformer et de moderniser la vie d’un peuple de plus de 21 millions d’individus qui ne l’a ni élue ni chargé de tracer son avenir et diriger ses affaires ? Monarchie absolue, à régime autoritaire, corrompu et absolutiste, l’Arabie saoudite parle aujourd’hui de moderniser et de réformer tandis que, durant ces mêmes élections, les femmes demeurent sans voix. Mieux encore, ces mêmes femmes ne peuvent quitter le territoire sans l’autorisation d’un tuteur masculin. Elles n’ont pas le droit de conduire une voiture, ni d’exercer la fonction de juge, ni de contacter un étranger, ni de fréquenter les mêmes enseignements que les garçons. Les élections municipales qui se déroulent en Arabie saoudite ne représentent qu’une vaste mascarade qui est organisée suite aux pressions américaines et aux protestations des diverses oppositions saoudiennes. Mais ce genre de raccommodage politique ne peut plus berner 320 millions d’Arabes, dont 70% ont moins de 30 ans. L’Arabie saoudite n’est plus au stade de réformes et de modernisation. Son seul issu consiste en sa libération de la monarchie saoudite, avec les 40 frères et demi-frères qui se succèdent au pouvoir depuis plus de 80 ans, et à l’instauration d’une République qui tire sa légitimité du pouvoir populaire. Et cela s’applique au reste des 21 pays arabes : Il ne s’agit plus aujourd’hui de composer avec les pouvoirs en place, mais il est du devoir de chaque Arabe démocrate et voulant donner un vrai sens à son existence, de militer pour un changement radical de la conception sociétale et du régime qui gère son existence. |