|
Iouri Bandajevski, un spécialiste de médecine nucléaire condamné à huit ans de réclusion au Belarus pour avoir notamment critiqué les autorités pour leur gestion l’après-Tchernobyl, a été hospitalisé mardi soir sans que l’on connaisse avec précision son état de santé, a annoncé son épouse à l’AFP. Selon Galina Bandajevskaïa, les médecins ont dans un premier temps diagnostiqué un ulcère, une gastrite et une hépatite, puis ils ont ordonné un examen de l’ensemble de son appareil digestif avant de se prononcer. Elle-même médecin, elle a insisté sur le fait que son mari n’avait pas d’hépatite. Au début de l’année, Galina Bandajevskaïa avait déjà lancé des cris d’alarme sur l’état de santé de son mari après l’avoir vu en prison et avait affirmé qu’il ne "survivrait pas plus de six mois" compte tenu de ses conditions de détention. Elle avait alors écrit au président russe Vladimir Poutine pour solliciter son intervention. Le professeur Bandajevski, aujourd’hui âgé de 47 ans, est considéré par l’organisation Amnesty International comme un prisonnier d’opinion. Il a été arrêté fin 1999 et condamné en juin 2001 pour "corruption" à huit ans de détention en camp à régime sévère. Ancien recteur de l’institut de médecine de la ville de Gomel, dans le sud du Belarus, proche de la centrale de Tchernobyl, située sur le territoire ukrainien, il étudiait les effets de la radioactivité sur la santé des habitants des zones contaminées par la catastrophe nucléaire survenue en 1986. Il a notamment accusé le pouvoir de son pays d’irresponsabilité dans la gestion des retombées sur la santé des populations et d’en cacher la véritable ampleur.
Agence France-Presse 09 - 11 - 2004 |