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L’opposition ivoirienne a réclamé mardi que le Conseil de sécurité des Nations unies adopte une résolution garantissant le caractère libre et ouvert des élections qui doivent se tenir en 2005 dans le cadre du plan de sortie de crise soutenue par la communauté internationale.
"Nous proposons que le Conseil de sécurité adopte une résolution spéciale garantissant la participation effective à ces élections de tous les responsables politiques ivoiriens qui le souhaitent dans le respect des textes nouveaux", a déclaré Alphonse Djédjé Mady, porte-parole des partis d’opposition au cours d’une conférence de presse.
"Nous interpellons solennellement la communauté internationale sur sa responsabilité devant l’Histoire, face aux conséquences incalculables d’un embrasement général qui se profile à l’horizon", a-t-il poursuivi.
Le représentant de l’opposition a également réclamé la mise en place d’un embargo sur les achats d’armes effectués par la Côte d’Ivoire qui seraient destinées aux milices proches du président Laurent Gbagbo.
La tension est montée d’un cran en Côte d’Ivoire depuis l’échec du désarmement des ex-rebelles, qui était fixé au 15 octobre. Les ex-rebelles, devenues Forces nouvelles, reprochent à Gbagbo de pas avoir adopté les réformes politiques avant le 30 septembre, selon le calendrier prévu par les accords d’Accra signés fin juillet.
Laurent Gbagbo a convoqué mercredi un Conseil des ministres extraordinaire pour examiner des projets de loi sur la citoyenneté et l’éligibilité à la présidence, présentés comme cruciaux par les rebelles pour la mise en oeuvre des accords de paix.
Mais l’opposition considère que sa volonté de soumettre à référendum la question sur la modification des conditions d’éligibilité, qui doit notamment permettre à l’ancien Premier ministre Alassane Ouattara d’être candidat, constitue une violation des accords d’Accra.
Ceux-ci recommandaient à Gbagbo d’user de ses prérogatives pour cette modification.
"Nous voulons prendre à témoin l’opinion publique nationale et la communauté internationale face à cette violation flagrante et manifeste de l’accord d’Accra et aux risques qui peuvent en résulter sur le déroulement de l’ensemble du processus de réconciliation nationale en cours", a affirmé Mady.
Loucoumane Coulibaly
Reuters - Abidjan
02 - 11 - 2004 |