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Les bureaux de vote ont ouvert dimanche matin en Ukraine où les électeurs semblent se déplacer en masse pour désigner leur prochain président. Vingt-quatre candidats sont en lice, mais deux se démarquent largement et devraient s’affronter le mois prochain au deuxième tour : l’actuel Premier ministre Viktor Ianoukovitch, candidat du pouvoir et avocat d’une intégration accrue avec la Russie, et le libéral Viktor Iouchtchenko, ancien chef du gouvernement partisan d’un rapprochement avec l’Occident. Dès l’ouverture des bureaux de vote, à 8h00, de longues files d’attente se sont formées dans le centre de Kiev et la participation pourrait atteindre des sommets. Les 37 millions d’électeurs inscrits ont jusqu’à 20h00 (18h00 GMT) pour exprimer leur choix. Des estimations basées sur des sondages sortie des urnes seront connues peu après et les résultats afflueront toute la nuit. Chacun des deux camps accuse l’autre de vouloir perturber le scrutin. Des rumeurs font état de possibles flambées de violences, de déploiement de troupes et de coupures de courant. Les forces de sécurité ukrainiennes ont été mobilisées en nombre autour du bâtiment de la commission électorale où les résultats seront comptabilisés. Victor Iouchtchenko craint que pour l’emporter, le pouvoir ait recours au bourrage d’urnes ou à des votes multiples. Il a appelé ses sympathisants à se regrouper dimanche soir autour des bureaux de vote mais a renoncé à un grand rassemblement devant le siège de la commission électorale. Il devrait faire bonne figure à Kiev, où il a réuni quelque 100.000 partisans la semaine passée, et dans l’ouest de l’Ukraine, base de l’électorat nationaliste et libéral. Le Premier ministre sortant compte lui sur le soutien de l’est industrialisé du pays. Les Etats-Unis et l’Union européenne ont fait part de réserves sur certains aspects de la campagne électorale et ont exhorté l’Ukraine à respecter le caractère libre et démocratique du scrutin. Le vote de dimanche pourrait tourner au référendum sur le bilan du président sortant, Leonid Koutchma, qui soutient la candidature de son Premier ministre. Viktor Ianoukovitch prône un renforcement des liens avec Moscou, préconisant notamment la reconnaissance du russe comme langue officielle, au même titre que l’ukrainien. Il s’est affiché cette semaine aux côtés du président russe Vladimir Poutine à l’occasion d’un défilé militaire de style soviétique. L’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a envoyé une équipe de 600 observateurs pour superviser les opérations de vote.
Serhiy Karazy Reuters - Kiev 31 - 10 - 2004 |