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 Plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées mardi sur la place du Dam, au centre d’Amsterdam, pour "faire du bruit" en hommage au réalisateur et polémiste néerlandais Theo Van Gogh, assassiné mardi matin dans la capitale néerlandaise. Les organisateurs avaient appelé les participants à apporter des casseroles, des poêles, des sifflets et à faire autant de bruit que possible pour soutenir la liberté d’expression - un appel visiblement suivi. "Nous dirons haut et fort que la liberté d’expression est importante pour nous. Nous ne voulons pas de silence, nous voulons du bruit. Ce genre de choses ne peut pas se produire à Amsterdam, une ville qui a toujours honoré la liberté d’expression", a déclaré le maire de la capitale, Job Cohen, avant le rassemblement. Les trains circulant près d’Amsterdam se sont mis à siffler pour marquer leur solidarité, ont annoncé les chemins de fer néerlandais. Les églises devaient également faire sonner leurs cloches. M. Cohen devrait s’adresser à la foule. A 20H00 locales (19H00 GMT), deux minutes de silence seront observées. De nombreux responsables politiques assistent au rassemblement. Le réalisateur Theo Van Gogh, arrière-petit-neveu du peintre Vincent Van Gogh, a été assassiné mardi à Amsterdam. Son meurtrier présumé, un homme de 26 ans résidant à Amsterdam et possédant la double nationalité néerlandaise et marocaine, a été arrêté. Theo Van Gogh était notamment l’auteur d’un film controversé sur l’islam, "Submission", un court métrage sur le Coran et la soumission de la femme, diffusé fin août par la télévision néerlandaise. Il avait 47 ans.
Agence France-Presse 02 - 11 - 2004
Theo van Gogh, réalisateur, écrivain et pourfendeur de l’islam

Sur son site internet appelé "le fumeur bien portant" (il fumait des Gauloises à la chaîne), il fustigeait la société multiculturelle néerlandaise, qui est selon lui une attaque "contre les normes et les valeurs de la société occidentale et défend l’islam agressif et rétrograde", et menace de "transformer les Pays-Bas en Belfast d’ici quelques années". Theo van Gogh avait réalisé en 2004 "Submission", un court métrage sur le Coran et la soumission de la femme diffusé fin août par la télévision néerlandaise. Basé sur le scénario d’une parlementaire libérale d’origine somalienne, Ayaan Hirsi Ali, qui a fait de la lutte contre les dérives de l’islamisme envers les femmes son cheval de bataille, ce brûlot lui avait valu plusieurs menaces de mort et de nombreux procès. Les autorités lui avaient assuré une protection pendant quelque temps, mais Theo van Gogh s’était vanté de semer ses anges gardiens. Avec lui, les débats télévisés tenaient leur animateur, jusqu’à ce qu’il en claque la porte. Il avait entre autres traité les musulmans de "baiseurs de chèvres", mais il dénonçait aussi le "sentimentalisme exagéré" d’un membre de la communauté juive des Pays-Bas à propos de l’Holocauste, ce qui lui valait une réputation d’antisémite. Theo van Gogh avait également traité un critique homosexuel de "chevalier en chocolat baveux". Né le 23 juillet 1957 à La Haye, Theo van Gogh a grandi dans la banlieue huppée de la ville. Il a entamé et abandonné aussitôt des études de droit pour se consacrer à la mise en scène, fasciné par le film "Orange mécanique" de Stanley Kubrick. Outre "Submission", il était l’auteur d’une vingtaine de films à petit budget, éprouvant à chaque fois de grandes difficultés pour trouver un financement pour ses films. Le dernier en date, "0605" évoquait l’assassinat du leader populiste néerlandais Pim Fortuyn le 6 mai 2002. Ses amis concédaient que derrière l’homme "affable et charmant" se cachait un autre "qui ne peut s’empêcher de se faire des ennemis". Theo van Gogh avait un fils, Lieuwe.
Agence France-Presse 02 - 11 - 2004 |