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Le Premier ministre ukrainien Victor Ianoukovitch et son rival de centre-gauche Victor Iouchtchenko s’affronteront le mois prochain au second tour de l’élection présidentielle, selon les sondages réalisés dimanche à la sortie des urnes lors du premier tour. Deux études, réalisées par des instituts de sondage ukrainiens, donnent l’avantage à Iouchtchenko, partisan d’un rapprochement avec l’Occident. La première, menée auprès d’électeurs anonymes, le crédite de 45,2% contre 36,8% au chef du gouvernement, candidat du pouvoir et avocat d’une intégration accrue avec la Russie. La seconde, qui mentionne l’identité des personnes interrogées, accorde 41,98% à Iouchtchenko et 40,11% à Ianoukovitch. Des nombreux électeurs, échaudés par une campagne acerbe, ne sont pas très enclins à donner leur nom, de l’avis des observateurs. Les premiers résultats officiels du scrutin, pour lequel 24 candidats étaient en lice, sont attendus dans la soirée. Les états-majors des deux favoris se sont mutuellement accusés de vouloir perturber la consultation. Les États-unis et l’Union européenne ont fait part de réserves sur certains aspects de la campagne électorale et ont exhorté l’Ukraine à respecter le caractère libre et démocratique du scrutin Victor Iouchtchenko craint que pour l’emporter, le pouvoir ait recours au bourrage d’urnes ou à des votes multiples. Il a appelé ses sympathisants à se regrouper dimanche soir autour des bureaux de vote mais a renoncé à un grand rassemblement devant le siège de la commission électorale.
Referendum pour ou contre Koutchma
"Je veux vivre dans un pays propre où les gens respectent des dirigeants honnêtes sans les craindre, où l’État de droit et un système judiciaire honnête sont respectés", a souligné dimanche Iouchtchenko face à la presse. L’élection présidentielle pourrait tourner au référendum sur le bilan du chef de l’État sortant , Leonid Koutchma, qui soutient la candidature de son Premier ministre. Victor Ianoukovitch prône un renforcement des liens avec Moscou, préconisant notamment la reconnaissance du russe comme langue officielle, au même titre que l’ukrainien. Il s’est affiché cette semaine aux côtés du président russe Vladimir Poutine à l’occasion d’un défilé militaire de style soviétique. "Le gouvernement a tout fait pour améliorer la vie des gens. Cela s’exprime avant tout par le niveau des salaires et des prestations sociales. Je ne vois aucune raison d’être inquiet pour les Ukrainiens", a-t-il déclaré devant un bureau de vote. Iouchtchenko devrait faire bonne figure à Kiev, où il a réuni quelque 100.000 partisans la semaine passée, et dans l’ouest de l’Ukraine, base de l’électorat nationaliste et libéral. Le Premier ministre sortant compte, lui, sur le soutien de l’est industrialisé du pays. L’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a envoyé une équipe de 600 observateurs pour superviser les opérations de vote. Les forces de sécurité ukrainiennes ont été mobilisées en nombre autour du bâtiment de la commission électorale où les résultats sont comptabilisés.
Reuters - Kiev 31 - 10 - 2004 |