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Au lendemain du premier tour de la présidentielle en Ukraine, les observateurs de l’OSCE, du Conseil de l’Europe et de l’OTAN jugeaient lundi que le scrutin n’avait pas rempli les critères d’une élection démocratique, pressant Kiev à respecter ses engagements lors du second tour qui opposera le 21 novembre le Premier ministre Victor Ianoukovitch au candidat de l’opposition Victor Iouchtchenko. Aucun des 24 candidats en lice dimanche n’a obtenu les 50% requis pour être élu dès le premier tour. Après le dépouillement des bulletins dans 94,4% des circonscriptions, moins d’un point séparait les deux candidats arrivés en tête : l’actuel chef du gouvernement Victor Ianoukovitch, soutenu par le président sortant Léonid Koutchma, obtenait 40,12% des suffrages contre 39,15% pour l’ancien Premier ministre Victor Iouchtchenko, réformateur, favorable à un rapprochement avec l’Europe occidentale. L’organisation d’un second tour risque d’exacerber les tensions, déjà élevées dans ce pays de 48 millions d’habitants où, pendant des semaines, l’opposition a accusé les autorités de vouloir commettre des irrégularités. Les deux camps ont dénoncé des violations électorales. Les alliés de Victor Iouchtchenko ont annoncé qu’ils allaient déposer plus de 70 plaintes devant la commission électorale. D’ores et déjà, les 600 observateurs de la mission conjointe de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, du Conseil de l’Europe et de l’Alliance atlantique ont estimé que les critères démocratiques n’avaient pas été respecté. "Le coeur lourd, nous sommes obligés de conclure que cette élection n’a pas rempli un nombre considérable de critères de l’OSCE, du Conseil de l’Europe et d’autres critères européens pour des élections démocratiques", a fait savoir l’un des responsables de la mission d’observation Bruce George dans un communiqué. Il a noté en particulier une partialité des médias en faveur de l’un des deux principaux candidats, le Premier ministre Viktor Ianoukovitch, et des interférences de l’État, notamment des entraves aux activités de l’opposition. Le rapport préliminaire critique aussi la présence de policiers dans plus de 60% des bureaux de vote et des erreurs ou omissions sur les listes électorales, avec dans certains cas, des défunts enregistrés comme électeurs. "L’Ukraine a maintenant trois semaines pour montrer qu’elle veut organiser des élections démocratiques en respect de ses engagements", a souligné Doros Christodoulides, qui dirige la délégation de l’assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe.
Associates Press Kiev - 01 - 11 - 2004 |