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Tunisie Démocrates harcelés
Les militants des droits de l’homme doivent faire face à un regain d’attaques et d’intimidations gouvernementales à leur encontre.
Un communiqué du CRLDH (Comité pour le respect des libertés et des droits de l’homme en Tunisie) souligne le regain des attaques des autorités contre les démocrates. Première ciblée, la Ligue tunisienne pour la défense des droits de l’homme (LTDH) qui doit tenir son
6e Congrès les 9, 10 et 11 septembre. À deux reprises - les 21 et 31 août -, la police a tenté d’interdire les travaux de son conseil national, instance de direction de la LTDH, en prévision de la tenue de son congrès. Le 31 août, des groupes d’individus ont tenté d’enfoncer la porte du local de la LTDH, tandis que d’autres ont agressé et empêché par la force des membres de la direction de participer aux travaux préparatifs du congrès. Depuis son 5e Congrès en décembre 2000, la LTDH est régulièrement la cible des autorités. Ces dernières ont même bloqué les fonds attribués par l’Union européenne à la LTDH, alors que les associations proches du pouvoir en ont bénéficié. Dans une lettre adressée à l’ambassadeur de Tunisie en France, le sénateur communiste français Robert Bret a annoncé qu’il se rendrait en Tunisie pour participer au 6e congrès de la LTDH. Autre organisation ciblée, l’AMT (Association des magistrats tunisiens) jugée trop indépendante par le pouvoir en place. Le local de l’association a été fermé par les autorités. Une trentaine de membres de l’AMT ont été l’objet de mutations disciplinaires, parfois à des centaines de kilomètres de leur domicile. Le Syndicat des journalistes tunisiens (SJT) est également sous le coup d’une interdiction de la tenue de son congrès prévu le 7 septembre. De son côté, Reporters sans frontières a lancé une pétition exigeant la libération de l’avocat Mohamed Abou, condamné en mars 2005 à trois ans et demi de prison, pour avoir dénoncé la torture.
Hassane Zerrouky |