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— par Bouazza ben Bouazza--
AP | 01.10.05 | 13:16
TUNIS (AP) -- Le tribunal de première instance de Tunis a reporté samedi au 26 novembre prochain l’examen au fond de l’affaire de la Ligue tunisienne des droits de l’Homme (LTDH) dont le congrès national prévu du 9 au 11 septembre avait été suspendu par une décision de justice, a-t-on appris de sources judiciaires.
Une plainte avait été déposée dans ce but par des membres de la LTDH proches du parti au pouvoir qui accusent le comité directeur de cette association d"’abus et de violations du statut et du règlement intérieur" de la Ligue dans le dessein de les exclure.
Le report a été décidé à la demande des avocats de la LTDH pour "préparer leurs conclusions".
L’avocate Radhia Nasraoui a déploré cette décision qui, selon elle, "vise à empêcher la Ligue de tenir son congrès avant le Sommet mondial sur la société de l’information (SMSI)" prévu à Tunis du 16 au 18 novembre prochain.
De son côté, l’un des plaignants, Me Chédli Ben Younès, s’est étonné de cette réaction d’autant, a-t-il dit, que c’est à la demande des avocats de la LTDH que ce renvoi a été décidé.
"Ces derniers ont été informés de l’ouverture du procès depuis plus d’un mois et avaient largement le temps de se préparer pour plaider aujourd’hui", a-t-il argumenté.
Me Ben Younès qui est président de la section de Montfleury à Tunis, menace d’introduire un recours devant la justice pour décharger l’actuel comité directeur de l’organisation du congrès au cas où celui-ci ne reconsidérait pas sa position contestant la légalité de plusieurs sections de la Ligue dont la sienne.
Les dirigeants de la LTDH accusent les autorités de vouloir "mettre à genoux" cette organisation, la plus ancienne du genre dans le monde arabe et en Afrique, tandis que celles-ci affirment "n’avoir rien à faire avec les affaires de la Ligue tunisienne de défense des droits de l’Homme" qu’elles considèrent comme des affaires intérieures.
Les deux parties doivent, au demeurant, rencontrer samedi le ministre français des Affaires étrangères, Philipe Douste-Blazy, actuellement en visite officielle en Tunisie.
Cette affaire n’a cessé de défrayer la chronique depuis plusieurs mois, jusqu’à susciter des réactions internationales.
Au terme d’une récente visite à Tunis, l’Espagnole Luisa Fernando Rudi Udeba, qui conduisait une délégation du Parlement européen chargée des relations avec les pays du Maghreb, a estimé que seul le dialogue est à même de sortir la LTDH de la crise dans laquelle elle se débat. AP |