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AP | 25.08.05 | 20:15
TUNIS (AP) -- Un nouveau bras de fer semble s’être engagé autour de la Ligue tunisienne des droits de l’Homme (LTDH), à deux semaines de la date fixée pour la tenue du congrès national de cette organisation, la plus ancienne du genre dans le monde arabe et en Afrique.
Etalée désormais sur la place publique, cette lutte met aux prises l’actuel comité directeur et ses partisans à des membres de la ligue en majorité proches du parti au pouvoir, le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD).
Le dernier congrès de la LTDH, tenu en décembre 2000, avait débouché sur l’émergence d’un comité composé exclusivement d’éléments représentant les courants de la gauche radicale, d’où ont été écartés les RCDéistes pour la première fois depuis la création de la ligue en 1975.
Cette fois-ci, ces derniers semblent résolus à éviter que le scénario précédent soit réédité.
Dans des communiqués distribués à la presse, les deux parties se jettent la pierre, s’accusant mutuellement tantôt de "pressions", tantôt d"’agressions" ou encore d"’agissements arbitraires".
Le comité directeur de la LTDH dénonce ainsi une "volonté délibérée des autorités de bloquer l’activité de la ligue et de l’empêcher de tenir son 6e congrès prévu les 9, 10 et 11 septembre".
Réplique sèche d’une source officielle : "les autorités publiques en Tunisie, Etat de droit, n’ont rien à voir avec les affaires intérieures de la Ligue tunisienne des droits de l’Homme."
Dans son communiqué, le comité directeur de la Ligue "dénonce avec la plus grande vigueur" les agissements dont "l’objectif, selon lui, est de faire pression sur la ligue et de la mettre à genoux".
Premier à réagir, le Forum démocratique pour le travail et les libertés (FDLT), une formation de l’opposition légale dirigée par le Dr Mustapha Ben Jaâfar, condamne "ces manoeuvres qui, selon lui, font partie d’un plan que le pouvoir s’entête à mettre en application pour réduire au silence toutes les voix libres et indépendantes".
Version contraire des "liguards" proches du parti au pouvoir. Dans une "lettre ouverte", les membres contestataires dénoncent les "manoeuvre illégales et arbitraires" du comité directeur de la LTDH, qu’ils accusent d"’user de tous les moyens et de tous les artifices pour exclure les membres ne partageant pas leurs points de vue".
Selon eux, ces "agissements illégaux" ont conduit à la dissolution arbitraire " de sept sections, à un "gel punitif" de certaines autres et à la scission d’une autre section, "sous le prétexte fallacieux de restructuration" et ont abouti à la réduction du nombre des sections de la LTDH de 41 en l’an 2000 à 24 à fin 2004.
Selon les signataires du document, sept présidents de section, "ce processus de fusion-absorption a visé, comme par hasard, les sections dont les membres sont soupçonnés de sympathie envers la parti au pouvoir et d’autres courants non tolérés par l’actuel comité directeur, tout en épargnant les sections qui leurs sont favorables".
Au demeurant, des recours en justice introduits par les contestataires ont abouti à l’annulation de ces opérations de "restructuration", ce qui a fait dire aux auteurs de la lettre ouverte que "le prochain congrès national de la LTDH est nul et non avenu d’avance".
Le président de la section de Montfleury, à Tunis, Me Chédly Ben Younès, a d’ailleurs annoncé qu’il était décidé à engager un recours en référée pour l’annulation du congrès pour "non respect de la procédure", concernant notamment la convocation des adhérents. AP |