Une ONG de droits de l’Homme victime d’une loi antiterroriste en Tunisie
AFP, le 10 juin 2005
TUNIS - Une ONG régionale ayant pour vocation de promouvoir la culture des droits de l’Homme à l’échelle des pays arabes a affirmé vendredi être victime d’une application injuste de la loi antiterroriste en Tunisie.
Dans un communiqué transmis à l’AFP, l’Institut arabe des droits de l’Homme (IADH) se plaint du blocage injustifié de ses avoirs depuis de nombreux mois par l’administration en application des dispositions de la loi tunisienne de lutte contre le terrorisme et le blanchiment d’argent.
L’IADH s’étonne d’être exposé à cette mesure qui paralyse ses activités et se dit "extrêmement préoccupé" par une crise menaçant son existence.
Assurant que son budget est géré "selon les normes de transparence et de rigueur totales", l’IADH invite les autorités à faire débloquer ses fonds déposés dans les banques tunisiennes.
Selon un responsable du centre, il s’agit de quelque 250.000 dollars provenant essentiellement de subventions de fonds des Nations Unies, l’IADH qui collabore avec les ministères arabes de l’Education, ayant également reçu une donation de 20.000 dollars du gouvernement saoudien.
L’ONG, qui vient de reconduire à sa tête l’ancien dirigeant syndicaliste tunisien, Taieb Baccouche, compte parmi ses membres fondateurs l’Organisation arabe des droits de l’Homme, l’Union des avocats arabes et la Ligue tunisienne des Droits de l’Homme.
Sont également associés à son Conseil d’administration des organismes de l’Onu, notamment le Haut commissariat des droits de l’Homme, l’Unicef, l’Unesco et le Pnud.
L’IADH a également donné la liste de douze publications "en instance" de distribution, certaines étant soumises au dépôt légal tunisien depuis 1999.
Ces ouvrages sont essentiellement des actes de séminaires de formation, portant sur "la participation des femmes à la vie politique", "la diffusion de la culture des droits de l’Homme", ou encore un "guide pour des élections libres".
Selon M. Baccouche, le blocage des avoirs et des publications de l’IADH serait lié à la présence au conseil d’administration d’un opposant "indésirable" en Tunisie, établi à l’étranger depuis plus de trois ans.
Fondé en 1989, l’IADH a ouvert une section à Beyrouth et envisagerait de transférer son siège hors de la Tunisie en cas de persistance de la crise.
Les autorités rejettent les plaintes d’une ONG de droits de l’Homme
AFP Infos Mondiales
International, vendredi 10 juin 2005
TUNIS - Les autorités tunisiennes ont rejeté vendredi les plaintes d’une ONG régionale de droits de l’Homme basée à Tunis au sujet d’un "blocage injustifié" de ses avoirs en application d’une loi antiterroriste en Tunisie.
L’Institut arabe des droits de l’Homme (IADH) s’était plaint du "blocage injustifié" de ses avoirs depuis de nombreux mois par l’administration en application des dispositions de la loi tunisienne de lutte contre le terrorisme et le blanchiment d’argent.
"Ces allégations sont erronées", a indiqué une source officielle à Tunis, qui, sans démentir le blocage des avoirs, reproche à l’IADH de "continuer à faire figurer, parmi les membres de son conseil d’administration, une personne condamnée en 2002 à une peine d’emprisonnement de dix ans".
Sans préciser l’identité de la personne indésirable, les autorités affirment qu’elle a été "reconnue coupable d’attentat à la pudeur avec menaces et violence sur la personne d’une jeune femme".
"Ce condamné de droit commun (...) n’aurait pas dû continuer à figurer dans le conseil d’aministration" de l’IADH, qui est ainsi "seul à pouvoir régler les problèmes dont il se plaint", a-t-on ajouté de même source. L’IADH s’était dit "extrêmement préoccupé" par une crise qui menace son existence et avait invité les autorités à faire débloquer ses fonds déposés dans les banques tunisiennes.
L’institut avait également publié la liste de douze publications "en instance" de distribution, certaines étant soumises au dépôt légal tunisien depuis 1999. Ces ouvrages sont essentiellement des actes de séminaires de formation, portant sur "la participation des femmes à la vie politique", "la diffusion de la culture des droits de l’Homme", ou encore un "guide pour des élections libres".
Son président, le Tunisien Taieb Baccouche, avait lui-même lié le blocage des fonds et des publications de l’IADH à la présence au sein de son conseil d’administration d’un opposant "indésirable" en Tunisie. Il s’agit, en fait, de Khemais Ksila, ancien dirigeant de la Ligue tunisienne des droits de l’Homme (LTDH, membre fondateur) établi depuis trois ans en France.
Fondé en 1989, l’IADH a ouvert une section à Beyrouth et envisagerait de transférer son siège hors de la Tunisie en cas de persistance de la crise.
Des organismes de l’Onu, notamment le Haut commissariat des droits de l’Homme, l’Unicef, l’Unesco et le Pnud sont associés au CA de l’IADH qui a pour vocation la diffusion de la culture des droits de l’Homme dans le monde arabe. |