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Le soir du mardi 20 septembre 2005, vers 20h45, Ammar Amroussia, ancien détenu politique et militant actif du PCOT dans la région de Gafsa, a été victime d’une agression policière. Alors qu’il se rendait chez lui, ses deux agresseurs le suivaient en moto. Le conducteur était cagoulé et son passager se cachait derrière lui. Pendant qu’une troisième personne munie d’un portable montait la garde à quelques mètres, les deux hommes ont profité d’un passage à proximité d’un bois, loin des regards, et ont violemment tabassé Ammar Amroussia, ses vêtements étaient déchirés. Les agresseurs lui ont arraché les papiers et les documents qu’il avait sur lui (des communiqués sur la ligue, quelques billets d’argent, etc.) et ont tenté de lui prendre son portable sans y parvenir. Pendant l’agression Ammar a pu formellement identifier le passager qui était assis derrière le conducteur de la la moto, il s’agit d’un policier dont il connaît bien le visage. Les deux agresseurs ont menacé Ammar de mort en lui disant clairement qu’ils sont capables de lui tirer une balle dans la tête ou l’écraser par une voiture.
Il faut souligner que l’agression de Ammar Amroussia survient le lendemain de l’agression policière dont a été victime le président de la section de la LTDH de Mahdia Mohamed Attia. Elle s’inscrit dans un climat d’intensification générale de la répression en Tunisie.
Il faut rappeler aussi qu’a l’échelle locale, la police a empêché de façon musclée dimanche dernier une réunion que comptait tenir la section de la LTDH de Gafsa avec ses adhérents. Sur le plan régional, la contestation sociale, qui ne cesse de se développer ces derniers jours, est à son tour réprimée. Après la répression des diplômés chômeurs de Oum Laâraeïs et de Rédeyef, les diplômés chômeurs d’Essnad qui ont occupé aujourd’hui le siège de la délégation locale ont été évacués de force par la police. A M’Dhilla, six ouvriers d’une société sous-traîtante de la compagnie des phosphates de Gafsa (CPG) ont entamé une grève de la faim pour défendre leurs droits, ils ne sont pas à l’abri d’une intervention de la police.
Si la police s’en prend aujourd’hui avec cette violence à Ammar Amroussia c’est sans doute à cause du rôle actif qu’il joue dans la lutte contre la dictature, ainsi que sa contribution au mouvement de contestation sociale que connaît la région de Gafsa.
Source : mail d’Adel Thabet sur la liste maghreb-ddh |