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C.R.L.D.H. Tunisie
Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l’Homme en Tunisie
membre du Réseau Euro-méditerranéen des Droits de l’Homme
COMMUNIQUÉ
Etat de siège en Tunisie : après l’interdiction du congrès de la Ligue Tunisienne pour la défense des droits de l’Homme (LTDH), le pouvoir tunisien s’attaque aux sections régionales
Les autorités tunisiennes poursuivent leur répression de la LTDH, avec désormais pour objectif avéré, la neutralisation de cette prestigieuse organisation, en mettant sous surveillance policière, ses locaux régionaux et en ciblant ses cadres les plus actifs.
Déjà, les 16-17-18 septembre dernier, les réunions d’information avec les adhérents programmées par les sections régionales actives de la LTDH ont été interdites par les forces de l’ordre épaulées par les milices du pouvoir. Un véritable état de siège s’est déployé dans tout le pays, filtrant les accès aux régions de Jendouba, Bizerte, Sousse, Gabès, Monastir, Kebeli, Mahdia et Mateur, empêchant ainsi les militant-e-s d’approcher des locaux respectifs de la LTDH. Un intense bouclage coordonné sur tout le pays.
Hier, lundi 19 septembre, alors que les responsables de la section de Mahdia allaient se réunir dans leur local, l’encerclement de policiers en civil s’est resserré, interdisant l’accès à leur lieu légal de réunion. Devant l’insistance des ligueurs, les policiers, avec à leur tête Nazih Glaeïd, vice-président du district de police et Riadh Ben Salem, ont isolé le président de la section, Mohamed Ataya, et l’ont sauvagement agressé, lui portant des coups à la gorge, provoquant l’asphyxie et au cur et à l’abdomen, engendrant une violente tachycardie. Très atteint, M. Ataya a du être transporté en urgence à l’hôpital, ou il reste aujourd’hui sous observation médicale.
Ces évènements interviennent suite à l’interdiction de la tenue du 6ème congrès de la LTDH, prévu les 9-10-11 septembre 2005. Après s’en être pris aux avocats au printemps dernier, à l’association des magistrats tunisiens (AMT) ainsi qu’au syndicat des journalistes tunisiens (SJT), et à la veille de la tenue de la seconde phase du Sommet Mondial sur la Société de l’Information (SMSI) de l’ONU, en Tunisie en novembre, le pouvoir tunisien ne peut continuer en toute impunité ses agissements arbitraires et contraires à tous ses engagements internationaux.
Devant ces actes répressifs d’une rare violence, le CRLDHT en coordination avec les ONG internationales des droits de l’Homme, maintient sa mobilisation totale et indéfectible.
Le CRLDHT assure notre ami Mohamed Ataya et sa famille de sa profonde sympathie, ainsi que toutes et tous les militant-e-s des sections assiégées.
Le CRLDHT invite les mécanismes spéciaux de l’ONU et les institutions européennes ainsi que tous les amis de la Tunisie à intervenir en toute urgence pour sauver la LTDH et contraindre le régime tunisien à respecter les principes les plus élémentaires constituants de tout état de droits.
Paris, le 20 septembre 2005
Le président
Kamel JENDOUBI
Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l’Homme en Tunisie
CRLDHT
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75011 PARIS - FRANCE
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