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Même si la mondialisation demeurera toujours une notion vide de sens, ses effets pervers comme le chômage, la pauvreté... et surtout le terrorisme ne sont plus à démontrer et crèvent l’oeil de tout observateur, même le moins averti.
Dernière trouvaille des ténors de la globalisation, la délocalisation de la torture et des procès verbaux musclés vers les pays sous-développés. Le coût bas de la main d’uvre locale, l’absence de toute contrainte juridique ou éthique et la marginalisation des défenseurs locaux des droits humains ne peuvent qu’encourager de tels choix stratégiques.
Les pays occidentaux affichent désormais une hypocrisie manifeste dans leur soi-disant lutte contre la torture et les traitements dégradants endurés par les ressortissants des dictatures, en effet ils soulèvent un tollé médiatique quand leurs intérêts sont en jeu mais se bandent les yeux et font semblant de ne rien entendre chaque fois que les victimes de la torture sont soupçonnés de terrorisme ou tout simplement d’appartenance à des groupes islamistes.
Ce comportement irresponsable ne peut qu’encourager les dictatures à faire un usage plus étendu de la torture en usant à chaque fois d’un prétexte facile, devenu incontournable depuis le 11 septembre 2004, la guerre internationale contre le terrorisme. Des populations entières du tiers monde sont sacrifiées sur l’autel de la sacro-sainte guerre contre le terrorisme.
Ce constat n’est pas un postulat mais une réalité bien amère que j’ai vécue personnellement lors de mes interrogatoires à la brigade de lutte contre le terrorisme et dont je garde des séquelles indélébiles jusqu’à présent.
Salem Zirda (Expulsé des USA), Belgacem Naouar (l’oncle du Kamikaze de Djerba)... et les internautes de Zarzis ont subi au nom de cette lutte sacrée au terrorisme les pires traitements que peut endurer le corps d’un être humain et surtout sa dignité et il est temps que les démocraties occidentales abandonnent cette politique de « deux poids, deux mesures » incompatible avec la défense et la promotion de la culture des droits de l’homme.
Les acolytes des despotes et les pourvoyeurs de fonds des tyrannies doivent se résigner au fait que la terreur ne peut qu’engendrer une terreur encore plus brutale et qu’une dictature, maintenue artificiellement et perfidement en vie, n’est rien d’autre qu’un terrain fertile pour la prolifération d’un terrorisme encore plus ravageur.
Zouhair Yahyaoui Ben Arous - Tunisie Jeudi 9 septembre 2004
Arar soutient que deux proches ont été interrogés par la police en Tunisie

Maher Arar soutient que deux membres de sa belle-famille ont été interrogés par la police secrète tunisienne, et il soupçonne les autorités canadiennes d’avoir été derrière l’opération. Le père et le frère de sa femme ont tous deux été interrogés en Tunisie, ces dernières semaines, et les questions semblaient avoir été soufflées par le gouvernement canadien, a indiqué M. Arar en conférence de presse, jeudi. Les interrogatoires étaient effrayants pour les deux hommes, ont affirmé M. Arar et son épouse, Monia Mazigh. "J’ai été très troublée par ce qui est arrivé à ma famille", a déclaré Mme Mazigh. L’avocat de M. Arar, Lorne Waldman, a quant à lui affirmé : "Cela nous préoccupe beaucoup (...) que le gouvernement canadien paraisse faire appel aux services du service du renseignement tunisien". Les incidents semblent avoir eu pour objectif d’intimider le frère de Mme Mazigh, qui doit témoigner dans le cadre de l’enquête publique visant à déterminer de quelle façon M. Arar s’est retrouvé dans une prison syrienne, il y a deux ans. M. Arar affirme y avoir été torturé pendant des mois avant d’avoir finalement retrouvé la liberté. L’enquête, présidée par le juge Dennis O’Connor, doit permettre de découvrir le rôle joué par le Canada - s’il en a bel et bien tenu un - lors de l’arrestation et de la détention de M. Arar. A deux reprises, M. Waldman a écrit à la vice-première ministre fédérale Anne McLellan afin de se plaindre au sujet des deux incidents tunisiens. "Nous n’avons reçu aucune réponse", a-t-il dit. Mme McLellan, qui est également ministre de la Sécurité publique et de la Protection civile, a pour sa part indiqué qu’elle ferait connaître sa réponse et qu’elle s’attarderait à toute plainte. "S’ils ont des allégations à formuler voulant que le SCRS (Service canadien du renseignement de sécurité) et la GRC (Gendarmerie royale du Canada) aient commis quelque faute que ce soit, je vais certainement me pencher sérieusement sur ces allégations", a-t-elle déclaré à Kelowna, en Colombie-Britannique. Mme McLellan a toutefois défendu le droit du gouvernement fédéral de partager des renseignements avec d’autres pays. "La collecte des renseignements, leur analyse et leur partage soit au pays, soit avec les pays avec lesquels nous avons passé des ententes, est une clé de notre lutte contre le terrorisme", a-t-elle expliqué.
John Ward Ottawa - Canada Jeudi 9 septembre 2004 © The Canadian Press |