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Quarante et une personnes ont été interpellées mardi et mercredi à travers toute la France dans le cadre de la poursuite du démantèlement d’un important réseau soupçonné d’avoir organisé une soixantaine de mariages blancs entre Tunisiens et Françaises à Clermont-Ferrand, a-t-on appris jeudi de source judiciaire. Cette série d’interpellations est "la suite logique" d’une première vague de 82 arrestations effectuées les 27 et 28 janvier, suivies de 61 mises en examen, dans le cadre d’une information judiciaire ouverte en septembre 2003, a expliqué le procureur de la République de Clermont-Ferrand Michel Valet, devant des journalistes. "Un certain nombre de mariages suspects, dans la mesure où l’on pouvait penser que la mariée ne connaissait pas très bien le marié et que tous les mariés étaient originaires de la même ville de Tunisie, Ghomrassen, avaient été enregistrés à la mairie de Clermont-Ferrand", entre 2001 et 2003, a souligné M. Valet. L’enquête a établi que le réseau démantelé n’était pas de type pyramidal, avec une seule personne à sa tête, mais tournait autour de quelques familles tunisiennes implantées à Clermont-Ferrand, qui tenaient notamment des établissements de restauration rapide de type "kebab", a-t-il ajouté. Des Tunisiens originaires de Ghomrassen, une ville de 30.000 habitants, pouvaient venir travailler dans ces "kebabs" et, pour régulariser leur situation, ils pouvaient recourir à des mariages blancs avec des Françaises. Une fois en situation régulière, ils pouvaient partir ouvrir un "kebab" ailleurs, selon une source proche de l’enquête. "Ces mariages de complaisance s’effectuaient moyennant rémunération", selon la même source. Mardi et mercredi, une soixantaine de policiers de la sûreté départementale, avec l’appui du Groupement d’intervention régional Auvergne, des agents des douanes et des impôts, soit quelque 110 personnes au total, ont procédé aux interpellations à travers toute le France. Ils se sont rendus à Clamart et Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine), La Rochelle, Tours, Nantes, Périgueux ainsi qu’en Auvergne, à Moulins et Vichy dans l’Allier, à Issoire et Riom, dans le Puy-de-Dôme. Jeudi en fin d’après-midi, vingt-quatre personnes avaient été mises en examen et laissées en liberté. Une dizaine d’autres devaient être présentées aux juges d’instruction Chantal Michel et Jean-Christophe Riboulet d’ici vendredi soir, dans le cadre de l’information judiciaire ouverte pour aide au séjour irrégulier en bande organisée, obtention irrégulière de documents administratifs, séjour irrégulier et complicité. Les personnes interpellées mardi et mercredi ont été identifiées lors de la poursuite de l’instruction qui a permis la découverte d’autres mariages de complaisance, ou n’avaient pas pu être interpellées lors de la première série d’arrestations.
Agence France-Presse Clermont-Ferrand 25 - 11 - 2004 |